Les élus du Front de gauche en guerre contre l’austérité
Humanité Quotidien
19 Septembre, 2012
Gauche
J-10 avant la manifestation unitaire contre le Pacte budgétaire. Les parlementaires du Front de gauche se
sont retrouvés hier, à Vitry-sur-Seine, pour leur journée d’étude annuelle. L’occasion de faire le point sur leur positionnement dans les assemblées sur le traité européen, l’emploi et la
fiscalité.
Dans l’auditorium du MAC/VAL de Vitry-sur-Seine, le musée d’art contemporain créé par le conseil général du Val-de-Marne présidé par le sénateur PCF-Front de
gauche Christian Favier, les parlementaires font le point, quelques mois après l’arrivée au pouvoir de la nouvelle majorité de gauche, sur les avancées mais aussi sur les manques et les
insatisfactions laissés par les orientations du gouvernement. En ouverture de la journée, symboliquement assurée par Nicole Borvo Cohen-Seat, encore présidente du groupe communiste,
républicain et citoyen (CRC) au Sénat pour quelques heures avant qu’elle ne démissionne de la Haute Assemblée pour laisser son fauteuil à Pierre Laurent, l’élue parisienne avait
d’ailleurs rappelé les « inquiétudes sur les orientations déjà exprimées dès le mois de juillet, lors de la déclaration de politique générale de Jean-Marc Ayrault ». Des inquiétudes à
l’époque devenues de réels regrets face aux « renoncements annoncés, notamment concernant l’exigence de s’opposer aux plans sociaux ».
Cap sur l’emploi et le traité européen
C’est d’ailleurs sur cette question de l’emploi que son successeur, le secrétaire national du PCF, met le cap de la rentrée parlementaire, en rappelant les
demandes qu’il avait adressées, avec Nicole Borvo Cohen-Seat et André Chassaigne, président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale, au premier ministre,
avant les élections législatives : « La première était de décréter un moratoire sur les plans de licenciements, et la seconde d’inscrire en urgence (…) des mesures législatives
antilicenciements à l’ordre du jour du Parlement. Il nous avait répondu dans les quarante-huit heures que la discussion sur ces mesures était éventuellement envisageable. Rien n’a été
fait, résultat : les grands groupes se sont engouffrés dans la brèche. »
Outre l’emploi, c’est le pacte budgétaire européen qui a été le sujet central des débats des parlementaires en présence de Patrick Le Hyaric, directeur de
l’Humanité et député au Parlement européen, auteur d’un décryptage du texte (1). Non qu’il y ait des désaccords entre eux : tous le rejettent. Mais tous les risques engagés par la
ratification du traité n’ont peut-être pas encore été perçus à la hauteur de ce qu’ils représentent. Alors que l’opposition politique au pacte prend forme, André Chassaigne propose
d’« interpeller les élus locaux » qui ne savent pas toujours que les contraintes budgétaires fixées par le traité sont valables pour les collectivités territoriales autant que pour les
comptes de l’État.
« Nous sommes les “ayants droit de la victoire” »
C’est donc un point de vue critique de l’action gouvernementale qui a dominé les débats. Alors, les parlementaires du Front de gauche, dans la majorité ou
dans l’opposition ? « Nous devons nous définir avec nos propres mots », affirme Jean-Luc Mélenchon, député européen. « Nous ne sommes pas membres de la majorité présidentielle, mais nous
ne sommes pas non plus dans l’opposition. J’ai pensé que le mot qui nous définissait le mieux était de dire que nous sommes les ‘‘ayants droit de la victoire’’. » Un positionnement
d’indépendance confirmé par André Chassaigne : « Quand je suis à l’Assemblée, j’ai en tête que le président de la République a été élu avec quatre millions de voix du Front de gauche et
que la quasi-totalité de nos collègues ont été élus grâce au désistement de nos candidats », glisse malicieusement le chef de file du groupe au Palais Bourbon.
Soutien aux écoles en lutte
À Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), les parlementaires du Front de gauche ont été accueillis par une délégation d’une trentaine d’enseignants et parents
d’élèves de deux des écoles
de la ville. L’école Marcel-Cachin et l’école Charles-Perrault
sont toutes les deux concernées par des baisses d’effectifs
parmi les enseignants, alors que
leur situation exigerait
au contraire une plus forte présence d’adultes : Charles-Perrault avait été en juillet dernier le théâtre d’une prise d’otage.
La délégation d’enseignants,
personnels et parents d’élèves
ont eu l’occasion de s’entretenir avec Pierre Laurent,
Jean-Luc Mélenchon et Patrick Le Hyaric.
(1) L’Europe des peuples nous appelle, Éditions de l’Humanité, 5 euros.
Adrien Rouchaleou
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