A travers cette votation, il s’agit de démontrer qu’un large front lycéen refuse les réformes du
gouvernement, maintes fois contestées dans la rue. ARCHIVES R.T.
Consultation. Jusqu’à la
fin mars, sept organisations de jeunesse invitent les élèves à prendre position dans un suffrage sur le devenir de l’éducation et les réformes en
cours.
Après les mobilisations du deuxième trimestre scolaire, si les vacances de février ont quelque peu
plombé la dynamique des mouvements lycéens, sept mouvements de jeunesse, dont les deux premiers syndicats lycéens UNL et FIDL, organisent jusqu’à fin mars une « votation
lycéenne » aux questions très tranchées, conçue pour « montrer » au ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, qu’il doit « changer de cap ».
Dans l’académie plus de 22 000 lycées de l’enseignement professionnel et général sont invités à participer à cette votation, qui s’inspire de celle menée
auprès de l’opinion publique pour la défense du service public de La Poste. Un succès puisque deux millions de suffrages s’y étaient exprimés.
Outre l’UNL et la FIDL, les autres organisateurs sont la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), les Jeunes Communistes (JC), les Jeunes Radicaux de Gauche (JRG),
le Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) et les Jeunes Verts.
La votation est prévue via Internet, à l’adresse www.votationlyceenne.fr, mais aussi dans les lycées généraux, technologiques et professionnels.
La votation est composée de trois questions. Les lycéens sont appelés à dire s’ils préfèrent « un lycée qui s’adapte uniquement aux besoins du marché... ou un lycée où c’est toi
qui choisis ta filière ; la concurrence entre lycées ghettos et lycées d’élite... ou une carte scolaire qui garantit l’égalité ; des profs à la sauce Sarko, moins nombreux,
moins formés... ou les moyens d’obtenir un diplôme qui permet de s’en sortir ».
Une autre vision de
l’éducation
Alors que le Mouvement de la jeunesse communiste (MJC) se réunissait mercredi
dernier pour mettre au point la diffusion la plus large du questionnaire, Maxime Picard, son secrétaire fédéral, a rappelé que les lycéens se sont souvent mobilisés contre les
réformes dans l’éducation (recul du gouvernement l’année dernière sur la réforme du lycée). Le MJCF a joué un rôle non négligeable. « Plus la mobilisation sera massive, plus
nous serons en capacité de démontrer que nous avons besoin d’une autre vision de l’éducation », a indiqué le jeune militant.
Cette votation montrera au ministre de l’Education nationale que la majorité des lycéens refuse sa politique. Sébastien Tariik de la FIDL et élève de première
au lycée Montgrand à Marseille, après avoir été sermonné par la direction de son lycée pour sa trop forte implication dans les mouvements lycéens, indique « qu’il y a trop de
zones d’ombre notamment sur la réforme du lycée, et ce n’est qu’une fois celle-ci appliquée que les lycéens risquent de déchanter ».
En se saisissant de cette consultation sur l’avenir du système éducatif, les lycéens entendent donner leur avis sur des réformes qu’ils ont autrefois
combattues.
CATHERINE WALGENWITZ
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