Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Article paru le 18 juin 2010 dans l'humanité

Rencontres de Tours.

« Le transport régional est à la croisée des chemins »

À l’initiative de l’Humanité, en partenariat avec le Centre d’information, de documentation, d’études et de formation des élus (Cidefe) et l’Élu d’aujourd’hui, les 6es rencontres du transport régional se dérouleront à Tours le 23 juin prochain.

Vice-président (PCF) de la région Centre chargé des transports, Jean-Michel Bodin est également le président des rencontres du transport régional. Il lève le voile sur le programme et évoque la concurrence, le financement et le développement de l’intermodalité, qui seront au cœur de cette 6e édition.


Pourquoi ces 6es rencontres 
du transport régional  ?


Jean-Michel Bodin. La politique des transports fait l’objet de trop peu de débats. Alors qu’elle se situe au cœur des enjeux de développement économique et social des territoires et de défense de l’environnement. Depuis leur première édition, les rencontres du transport régional sont un rendez-vous à disposition des acteurs du transport public, qu’ils soient élus, usagers, syndicalistes, représentants de la SNCF et des constructeurs ferroviaires. Les débats, qui s’y déroulent, sont une contribution utile au développement du TER mais aussi l’occasion pour chacun de mieux s’approprier l’ensemble des thématiques du transport, qu’il s’agisse du financement ou de l’intermodalité.


Pourquoi consacrez-vous un atelier 
à la question de la concurrence  ?


Jean-Michel Bodin. Le bilan de la décentralisation du transport régional aux conseils régionaux est plus que positif. Les électeurs l’ont d’ailleurs approuvé lors du dernier scrutin. Ce bilan, c’est une offre de transport toujours plus en phase avec les besoins des citoyens. Cette offre modernisée et plus efficace est le produit du développement d’un véritable service public. Aujourd’hui, alors que la législation européenne n’interdit pas de poursuivre ce modèle construit avec la SNCF, opérateur public et unique, le gouvernement veut nous imposer la concurrence. C’est une attaque frontale contre ce que les régions ont développé depuis 2002. La concurrence est synonyme d’inégalité d’accès aux transports, de remise en cause des politiques d’aménagement du territoire au service d’un développement économique et social harmonieux. À ceci s’ajoute, contrairement à ce qu’affirment ses promoteurs, le fait que la concurrence ne permet pas le développement du rail. L’exemple du fret ferroviaire est à ce titre éclairant. La libéralisation de cette activité a conduit à un écroulement de la part du ferroviaire dans le transport de marchandises et à une dégradation sans précédent des résultats économiques de la SNCF. Aujourd’hui, le transport régional est à la croisée des chemins. Soit il poursuit sur la voie qu’il a empruntée jusqu’à présent avec le succès que l’on sait, soit il emprunte celle de la concurrence, qui conduit à la remise en cause du droit au transport pour tous.


En quoi la réforme 
territoriale va-t-elle à l’encontre 
du développement de ce 
service public  ?


Jean-Michel Bodin. Cette réforme va d’asphyxier financièrement les collectivités locales. Or la poursuite de l’essor du transport régional nécessite de nouveaux investissements pour continuer à améliorer l’offre, en achetant du matériel roulant ou en développant les coopérations avec les autres collectivités organisatrices du transport public que sont les villes, les communautés d’agglomération ou les départements. Avec la suppression de la taxe professionnelle, celles-ci vont perdre un précieux outil fiscal qui permet de programmer sur le long terme des investissements, contrairement aux dotations de l’État qui n’offrent aucune visibilité.


Comment répondre aux besoins de financement du transport régional  ?


Jean-Michel Bodin. D’abord, il faut réévaluer les dotations de l’État. En revenant au pouvoir en 2002, la droite les a gelées. La progression des dépenses de fonctionnement et les investissements réalisés depuis cette date ne sont donc pas compensés. Nous proposons également que le versement transport, qui permet de mettre à contribution les entreprises, puisse aussi bénéficier aux régions. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Nous sommes aussi partisans de la création d’un pôle public bancaire qui finance par le biais de prêts à long terme et à faible taux les investissements des régions.


En quoi l’intermodalité 
est-elle un enjeu  ?


Jean-Michel Bodin. L’essor du transport public passe par le développement d’une offre cohérente qui propose à chaque usager des solutions de transport dites de « porte à porte ». Il est souhaitable que les différentes collectivités organisatrices coopèrent mieux et plus pour offrir une alternative à la route. Nous avons besoin de réfléchir à la création de syndicats mixtes de transport en commun.

Entrtien réalisé par Pierre-Henri Lab

Publicité
Tag(s) : #Politique
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :