Le service public mérite salaire
Les fonctionnaires en ont ras la casquette de la stagnation des salaires. Un agent de catégorie C (la plus basse) débute sa carrière avec 1 090 euros mensuels. L’agent de catégorie B touche seulement 5 % de plus. Résultat : un salaire moyen net de 1 743 euros dans la fonction publique territoriale, de 2 137 euros dans la fonction publique d’État (où travaillent notamment les enseignants) et 2 186 euros dans la fonction publique hospitalière (y compris les personnels infirmiers et médecins). La dégradation est continue : depuis 2000, le point d’indice, qui permet de calculer le salaire, a perdu près de 10 % de pouvoir d’achat et, de 2011 à 2013, le gouvernement en a décidé le gel. Ce qui viendra s’ajouter à l’augmentation des cotisations avec la réforme des retraites, qui représente la perte d’une journée de salaire par mois. Pour Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, «c’est la triple peine».
Du coup, c’est « tous ensemble » que les syndicats (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires, CFTC et CGC) appellent à l’action et lancent une pétition nationale unitaire. Depuis 2000, aucun accord salarial n’a été signé dans la fonction publique. Les syndicats exigent « l’augmentation de la valeur du point assurant un rattrapage des pertes accumulées ». C’est pour eux une question de «reconnaissance du rôle des agents publics». Ils pointent la «perte d’attractivité» de la fonction publique et craignent que le recul du pouvoir d’achat de ses 5 millions d’agents vienne «plomber la relance de l’économie nationale».
« Je suis pour moins de fonctionnaires, mais mieux payés», répétait Nicolas Sarkozy en mars dernier. Moins de fonctionnaires, il a tenu parole. Mieux payés ? «Les enseignants en début de carrière ont touché une prime moyenne de 27 euros par an ! » fulmine Bernadette Groizon. «On a eu les œufs cassés mais on n’a pas vu l’omelette», raille Franck Girard, de la CFE-CGC.
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