Le Secours pop’ solidaire des jeunes précaires
Article paru dans La Marseillaise du vendredi 12 novembre
2010
Le SPF publie un dossier « Alerte pauvreté » consacré aux moins de trente ans. A Marseille, des actions concrètes sont menées pour leur venir en aide.
« Notre démarche c’est de faire par les jeunes pour les jeunes », explique Lysia Beysselance, responsable des secteurs « jeunes » et
« solidarité internationale », dans son petit bureau du Secours populaire. « La publication de notre dossier "Alerte pauvreté"* sur les jeunes précaires coïncide avec la rencontre européenne qui
s’est tenue sur ce thème à Paris fin octobre », détaille la jeune femme. « La précarité s’étend partout en Europe et particulièrement chez les jeunes », insiste-t-elle avant de citer les publics
en direction desquels sont menées des actions de solidarité. C’est à dire des jeunes travailleurs, mères isolées, étudiants ou en errance.
« Pour les jeunes, c’est difficile de pousser la porte d’une de nos antennes et pourtant de plus en plus le font », rapporte Lysia.
« Le plus terrible c’est qu’en majorité ils disent "j’ai un toit, il y a pire que moi" alors qu’il sont en situation de grave pauvreté », se désole-t-elle. « Nous avons une antenne à la fac
Saint-Charles, l’objectif s’est d’en tenir une à la fac Saint-Jérôme et à Aix, car l’urgence est là pour beaucoup d’étudiants ! », s’alarme-t-elle.
« Il faut un fonds d’urgence pour les jeunes »
Convaincue de la nécessité de renforcer la solidarité populaire dans une société « de plus en plus individualiste », Lysia n’en
touche pas moins les limites. « De plus en plus de jeunes mamans viennent nous voir pour des couches ou du lait maternel mais nous n’avons que des petits pots à leur proposer, tirés de nos colis
alimentaires grâce aux dons », confie-t-elle.
De même, elle rappelle que « l’ensemble des jeunes précaires rencontrés vivent des problèmes de logements. Certains auraient besoin
d’une petite somme pour parvenir à payer le loyer. Mais toutes nos demandes aux pouvoirs publics pour financer un fonds d’urgence pour les jeunes ont été rejetées pour l’instant ». En plus de
répondre à l’urgence sociale, les jeunes du Secours populaire de Marseille s’investissent pour organiser des séjours de vacances, permettre l’ accès à des concerts, pour oublier un moment les
soucis du quotidien. Sans omettre les actions de solidarité internationale. La prochaine aura lieu cet été au Kosovo. « On a envie de sauver le monde même si on ne peut pas tout », reconnaît
Lysia dans un sourire. « Face à la pauvreté qui monte de toutes parts, nous faisons de la solidarité volontaire, mais c’est de solidarité nationale qu’il manque le plus cruellement »,
conclut-elle.
LÉO PURGUETTE
* secourspopulaire.fr
44% des jeunes travailleurs (moins de 30 ans) de la région perçoivent un bas salaire au sens de l’Insee, c’est à
dire moins qu’une moyenne de 830 euros mensuels sur l’année.
29% des jeunes ont éprouvé des difficultés financières importantes au cours des 12 derniers mois pour se procurer une alimentation saine et équilibré selon l’enquête Ipsos-Secours populaire.
100 jeunes marseillais ont eu recours à l’aide du Secours populaire l’année passée. Près de 50 jeunes de la Ville ont bénéficié de vacances organisées à Montpellier cet été par l’association.
19,6% des fils d’ouvriers (28,7% de filles) parviennent en classe de terminale contre 70% des fils de cadres (81% de filles). A l’Université un étudiant sur deux est contraint de travailler pour
vivre.
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