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Le Secours pop’ solidaire des jeunes précaires

Article paru dans La Marseillaise du vendredi 12 novembre 2010

 

Lysia Beysselance et Stéphane Ahamada dans les locaux du Secours populaire, rue de Locarno dans le 5e arrondissement de Marseille. ROBERT TERZIAN
Lysia Beysselance et Stéphane Ahamada dans les locaux du Secours populaire, rue de Locarno dans le 5e arrondissement de Marseille. ROBERT TERZIAN

Le SPF publie un dossier « Alerte pauvreté » consacré aux moins de trente ans. A Marseille, des actions concrètes sont menées pour leur venir en aide.


« Notre démarche c’est de faire par les jeunes pour les jeunes », explique Lysia Beysselance, responsable des secteurs « jeunes » et « solidarité internationale », dans son petit bureau du Secours populaire. « La publication de notre dossier "Alerte pauvreté"* sur les jeunes précaires coïncide avec la rencontre européenne qui s’est tenue sur ce thème à Paris fin octobre », détaille la jeune femme. « La précarité s’étend partout en Europe et particulièrement chez les jeunes », insiste-t-elle avant de citer les publics en direction desquels sont menées des actions de solidarité. C’est à dire des jeunes travailleurs, mères isolées, étudiants ou en errance.

« Pour les jeunes, c’est difficile de pousser la porte d’une de nos antennes et pourtant de plus en plus le font », rapporte Lysia. « Le plus terrible c’est qu’en majorité ils disent "j’ai un toit, il y a pire que moi" alors qu’il sont en situation de grave pauvreté », se désole-t-elle. « Nous avons une antenne à la fac Saint-Charles, l’objectif s’est d’en tenir une à la fac Saint-Jérôme et à Aix, car l’urgence est là pour beaucoup d’étudiants ! », s’alarme-t-elle.

« Il faut un fonds d’urgence pour les jeunes »


Convaincue de la nécessité de renforcer la solidarité populaire dans une société « de plus en plus individualiste », Lysia n’en touche pas moins les limites. « De plus en plus de jeunes mamans viennent nous voir pour des couches ou du lait maternel mais nous n’avons que des petits pots à leur proposer, tirés de nos colis alimentaires grâce aux dons », confie-t-elle.

De même, elle rappelle que « l’ensemble des jeunes précaires rencontrés vivent des problèmes de logements. Certains auraient besoin d’une petite somme pour parvenir à payer le loyer. Mais toutes nos demandes aux pouvoirs publics pour financer un fonds d’urgence pour les jeunes ont été rejetées pour l’instant ». En plus de répondre à l’urgence sociale, les jeunes du Secours populaire de Marseille s’investissent pour organiser des séjours de vacances, permettre l’ accès à des concerts, pour oublier un moment les soucis du quotidien. Sans omettre les actions de solidarité internationale. La prochaine aura lieu cet été au Kosovo. « On a envie de sauver le monde même si on ne peut pas tout », reconnaît Lysia dans un sourire. « Face à la pauvreté qui monte de toutes parts, nous faisons de la solidarité volontaire, mais c’est de solidarité nationale qu’il manque le plus cruellement », conclut-elle.


LÉO PURGUETTE

* secourspopulaire.fr

 


44% des jeunes travailleurs (moins de 30 ans) de la région perçoivent un bas salaire au sens de l’Insee, c’est à dire moins qu’une moyenne de 830 euros mensuels sur l’année.
29% des jeunes ont éprouvé des difficultés financières importantes au cours des 12 derniers mois pour se procurer une alimentation saine et équilibré selon l’enquête Ipsos-Secours populaire.
100 jeunes marseillais ont eu recours à l’aide du Secours populaire l’année passée. Près de 50 jeunes de la Ville ont bénéficié de vacances organisées à Montpellier cet été par l’association.
19,6% des fils d’ouvriers (28,7% de filles) parviennent en classe de terminale contre 70% des fils de cadres (81% de filles). A l’Université un étudiant sur deux est contraint de travailler pour vivre.

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Tag(s) : #Société
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