Le projet régional de santé suscite l'inquiétude
Par Philippe Bersia
Créé le 02/11/2012 - 09:34
Le projet régional de santé (PRS) Paca 2012-2016 a été présenté jeudi matin à Marseille par le directeur général de l'agence régionale de santé (ARS), Dominique
Deroubaix.
Véritable feuille de route de celles et ceux qui font la santé, ce PRS repose sur un diagnostic partagé, dans un environnement de contraintes économiques et
démographiques. Il doit permettre de mieux organiser les soins dans la région. Il s'appuie sur cinq principes essentiels : l'accessibilité au système de santé, l'approche globale de la santé,
la mise en synergie des acteurs, la promotion de l'innovation et l'efficience du système de santé.
La santé des Provençaux 19 % plus chère
Dans une région plutôt en bonne santé mais où la dépense pour la santé est très élevée (16 milliards d'euros au total, presque 19 % de plus par habitant que la
moyenne nationale), aujourd'hui, l'idée-force est d'essayer de « faire plus avec à peu près les mêmes moyens », donc de réorganiser pour optimiser.
Cela n'est pas sans susciter de légitimes inquiétudes. Dans le même temps, des représentants de l'union syndicale santé CGT ont fait bruyamment savoir leur
désaccord devant les grilles du bâtiment de l'agence régionale de santé. Pour eux, « ce projet menace directement l'avenir de nombreux établissements publics de la région et va simplement
permettre de mutualiser la pénurie de moyens matériels et humains ».
S'il peut comprendre ces craintes, le directeur de l'agence, Dominique Deroubaix, assure que rien n'est encore acté (ou presque), et qu'en aucune manière il ne
fermera des hôpitaux locaux :« Nous allons maintenant mettre en place des groupes de travail régionaux,a-t-il précisé lors d'une conférence de presse. Ces hôpitaux feront tous l'objet
d'une analyse cas par cas. Nous avons besoin de ces établissements et nous prendrons le temps qu'il faudra pour trouver les bonnes solutions. En fait, nous nous donnons au moins deux ans. En
2014, nous ferons une nouvelle évaluation et procéderons alors, éventuellement, à une révision du schéma envisagé. »
Et de conclure sur une note rassurante : « Ce projet n'est pas une fin en soi, c'est le début de quelque chose. Nous n'avons pas la prétention d'avoir fait un
exercice parfait. Au contraire, la concertation va maintenant commencer, territoire de santé par territoire de santé, et on ne s'interdit pas de procéder à des adaptations pour coller davantage
à la réalité. »
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