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Le nombre de chômeurs s’accroît encore sous l’effet d’une conjoncture morose

 

Trois mois consécutifs de hausse, après quatre mois consécutifs de baisse. La tendance, en ce qui concerne le chômage, est en passe de s’inverser durablement.

En juillet, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A (personnes sans emploi ni activité réduite) a augmenté de + 1,3 % par rapport au mois précédent, soit + 36 100 personnes, pour s’établir à 2,756 millions en France métropolitaine, selon les chiffres publiés jeudi 25 août par la Dares.

Le nombre de chômeurs avait progressé de + 1,3 % en juin (+33 600) et de + 0,7 % en mai. Sur un an, à fin juillet, le nombre demandeurs d’emploi est en hausse de + 2,8 %.

"Mauvais" chiffres, a déclaré jeudi matin, bien avant leur publication, le ministre du travail et de l'emploi, Xavier Bertrand.

D’autant plus mauvais pour le gouvernement que l’on va entrer en période électorale et qu’il y a quelques semaines encore, il clamait encore, haut et fort, qu’il ramènerait le taux de chômeurs sous les 9 % en fin d'année, au lieu des 9,2 % enregistrés au premier trimestre (en métropole).

La croissance est atone

Cette hausse du chômage reflète une conjoncture économique morose. "La croissance n’est pas suffisante pour faire baisser le chômage", relève Mathieu Plane, de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). "Quand il n'y a pas de croissance c'est difficile de faire reculer le chômage", a reconnu M. Bertrand.

Au deuxième trimestre, l’économie française a enregistré une croissance nulle (0 %) par rapport au trimestre précédent. Et l’activité ne s’annonce pas forcément très soutenue sur la deuxième moitié de l’année.

Pour le troisième trimestre, les prévisions de croissance oscillent entre + 0,2 % et + 0,5 %. Pour l’ensemble de l’année 2011, le gouvernement a d’ailleurs révisé à la baisse sa prévision de croissance, la ramenant de 2 % à 1,75 % (après 1,4 % en 2010).

Ce ralentissement économique qui est en cours en Europe et un peu partout au niveau international n’incite pas les chefs d’entreprise à embaucher.

Pourtant il y a des créations d'emploi

Il y a malgré tout eu un net mouvement de création d’emplois depuis début 2011. L’emploi salarié dans les secteurs marchands a crû de 0,4 % au deuxième trimestre (+ 68 300 postes). Il avait déjà progressé de + 0,4 % au premier trimestre +58 200.

Ces chiffres ont été supérieurs aux prévisions. L’Insee tablait par exemple sur 106 000 créations d’emplois sur l’ensemble du premier semestre.

"Il y a toujours un effet retard de l’emploi par rapport à l’évolution de l’activité", relève Jean-Christophe Caffet de Natixis. "Les créations du deuxième trimestre tenaient à la bonne évolution de l’activité des mois précédents", la croissance de l’économie ayant notamment été forte au premier trimestre (+ 0,9 %).

"Là, le ralentissement en cours de l’activité va se faire sentir d’ici peu sur l’emploi. Sans doute dès juillet", poursuit M. Caffet, selon qui, "vu la profitabilité très dégradée des entreprises, le coup d’arrêt d’activité du printemps pourrait se traduire par des destructions de postes dès à présent".

En juin, l’Insee prévoyait 73 000 emplois de plus dans le secteur privé au second semestre, l’emploi revenant, fin 2011, à son niveau de fin 2008 (mais plus bas que le pic observé au premier trimestre 2008). Pas sûr que ce soit le cas, car Insee n’intégrait pas alors le 0 % de croissance du deuxième trimestre.

Augmentation de la population active

Même si elles ont été plus importantes que prévu en ce début d’année, les créations d'emplois n’ont, en tout cas, pas été suffisantes pour enrayer le chômage. Cela tient aussi à l’augmentation de la population active.

"Lorsque le marché de l’emploi se dégrade fortement, la population active peut baisser, car un certain nombre de gens renoncent à chercher un emploi compte tenu de la faible probabilité d’en trouver, explique M. Caffet. Inversement, quand le marché du travail est en phase d’amélioration, il y a un afflux de population active. C’est pour une part ce qui s’est passé jusqu’à présent, mais avec des créations d’emplois insuffisantes pour absorber cet afflux".

Cet afflux de population active "est renforcé par l’effet des réformes de la retraite", qui accroît le nombre de personnes classées dans la population active, souligne M. Plane.

Selon l’Insee, cette population active, qui était de 28,35 millions de personnes en 2010 en France métropolitaine (25,7 millions avec un emploi et 2,65 millions sans), devrait progresser en moyenne de 110 000 personnes par an d’ici à 2025.

La question du chômage risque donc de perdurer un certain temps. Surtout si la croissance ne repart pas. Or, c’est ce qui semble devoir se passer en 2012. Le gouvernement a revu à la baisse sa prévision, la ramenant de + 2,25 % à +1,75%. Mais les économistes estiment que l’on risque d’être plutôt autour de + 1 %.

http://bercy.blog.lemonde.fr/2011/08/25/le-nombre-de-chomeurs-saccroit-encore-sous-leffet-dune-conjoncture-morose/ link


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Tag(s) : #Société
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