Le modèle coopératif est au 50ème congrès de la CGT
Rédaction Web
19 Mars, 2013
Toulouse, envoyé spécial. De plus en plus d’entreprises en lutte envisagent de se constituer en Scop pour s’affranchir du diktat des
actionnaires et des logiques purement financières. Plusieurs coopératives sont présentes sur le congrès de la confédération, dont l’imprimerie Hélio-Corbeil. Son patron, responsable CGT,
est venu apporter son expérience au congrès de la Confédération.
Les syndiqués CGT de Pilpa comme de Fralib, également présents au congrès, portent depuis un certain temps ce projet de coopérative. Ce sont des sites
parfaitement viables, si on enlève la pression des actionnaires. Plus récemment, ce sont les salariés de Goodyear qui souhaitent se constituer en Scop. La CGT du site d’Amiens Nord porte
depuis fin février un projet de reprise de l’usine sous forme de coopérative et qui permettrait de sauvegarder les quelques 1200 emplois. L’idée séduit, se pose de plus en plus en
résistance concrète à la logique néolibérale.
« On se rend compte de la porté sociétale et syndicale de la coopérative »
[1]L’imprimerie Helio-Corbeil, rachetée en février 2011 par ses employés, en est un bel exemple. L’entreprise avait été placée en
redressement judiciaire et a pu être sauvée sous la forme de coopérative pérenne. C’est l’ancien délégué CGT du site Bruno Arasa qui a pris la tête de la nouvelle structure. Il
explique : « Hélio-Corbeil a décidé de venir exposer au congrès confédéral, en premier lieu parce que le projet coopératif de reprise de l’entreprise par les salariés a été
fortement porté par le syndicat CGT. C’était au début une réponse conjoncturelle, c'est-à-dire soit ça soit le chômage, et puis maintenant que ça fait un an et demi qu’on est une
coopérative, on se rend compte petit à petit de la porté sociétale et syndicale que ce modèle coopératif porte. A savoir des questions simples mais profondes, comme est-ce qu’on peut
avoir une vraie démocratie sans démocratie dans l’économie, c'est-à-dire en entreprise. Et autour de ça la question de l’appropriation de l’outil de production par les
salariés. »
Quant aux salariés de la coopérative, Sylvain, cadre au sein du service client chez Hélio-Corbeil explique tout simplement : « Ce qui a vraiment
changé, c’est qu’avant, on avait beau se décarcasser au travail, il y avait un gars quelque part au Québec [ndlr : avant la reprise en coopérative, Hélio faisait partie d’un groupe
Québécois] qui pouvait virer comme ça 50 personnes et vous avec. Aujourd’hui, on a notre destin en main ».
"L’effet Highlander" détruit le tissu industriel français
Bruno Arasa porte un vrai message positif qui fait du bien à entendre, y compris dans ce congrès confédéral combattif certes, mais éprouvé par les très
nombreux plans sociaux. Economiquement parlant, Hélio-Corbeil va bien mieux, et les clients ont suivi. «Pas parce qu’ils adhèrent au projet de coopérative. Mais nos clients ont fait
mourir le tissu industriel français. J’appelle ça l’effet Highlander, il ne peut en rester qu’un. Malgré que ce soit la CGT qui porte ce projet, et qui soit pratiquement aux
manettes, parce que j’étais le délégué syndical, force et de constater qu’ils avaient besoin de nous, parce qu’après avoir fait crever tout le monde autour, et bien ils étaient bien
content qu’il y ait encore quelques salariés qui aient envie de se battre pour sauver leur emploi et qui leur assurent la prestation dont ils ont besoin ».
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Bruno Arasa en vidéo
Pierric Marissal
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