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Article paru le 14 juin 2010 dans l'Humanité

 

Fillon met la France au régime sec


Le premier ministre a annoncé samedi une diminution des dépenses publiques de 45 milliards d’ici à 2013 et son intention d’en finir avec la retraite 
à 60 ans.

Samedi, lors d’une rencontre avec de nouveaux adhérents UMP salle Gaveau à Paris, François Fillon a fait d’une pierre deux mauvais coups, en annonçant une cure d’austérité budgétaire ainsi que son intention de toucher au symbolique âge légal de départ à la retraite. Sur le premier point, le premier ministre a été très clair  : puisque la France attend cette année un déficit historique de 8 % de son produit intérieur brut, l’État va se serrer la ceinture. Début mai, le premier ministre avait annoncé une série de mesures visant à réduire le déficit, mais aucune donnée chiffrée n’avait été communiquée. Samedi, il a évoqué une diminution de 45 milliards des dépenses publiques dans les trois prochaines années. « Nous avons pris l’engagement, d’ici à 2013, de ramener notre déficit à 3 % et tous nos efforts vont se concentrer sur cette priorité. Ça veut dire en gros qu’il faut réduire le déficit de 100 milliards d’ici à 2013 », a-t-il déclaré.


100 milliards d’ici à 2013


Le gouvernement compte dégager ces 100 milliards pour la moitié dans des réductions de dépenses publiques et pour l’autre moitié dans des augmentations de recettes. Selon François Fillon, les 50 milliards de réduction se décomposeront ainsi  : « 5 milliards sur la réduction des niches fiscales » et « 45 milliards en réduisant la dépense publique ». Autrement dit, une coupe claire et nette dans les finances de l’État. Pour l’augmentation des recettes, c’est plus flou, le premier ministre misant sur un hypothétique retour de la croissance, qui engendrerait « 35 milliards de rattrapage des pertes de recette conjoncturelle » dues à la crise. Et les 15 autres milliards « correspondront à la fin des mesures que nous avons prises pour relancer l’économie et qui n’ont naturellement pas vocation à durer au-delà de cette période de relance ».

Deuxième mauvaise nouvelle, ou plutôt, confirmation sur la question des retraites. Samedi, François Fillon a grillé la politesse à Éric Woerth. Le ministre du Travail présentera mercredi les propositions de réforme sur les retraites. Et selon une source gouvernementale, il y aura « des arbitrages jusqu’au dernier moment et encore après l’annonce du ministre ». Ce qui n’a pas empêché le premier ministre de faire savoir que sa religion est déjà faite, s’agissant de l’âge légal de départ à la retraite à soixante ans.


Travailler plus longtemps


« La vérité est implacablement liée aux défis démographiques que nous devons relever et ce défi, il exige de travailler plus longtemps et donc d’augmenter la durée de cotisation et l’âge d’ouverture des droits », a martelé le premier ministre devant les nouveaux adhérents UMP. Selon lui, « il serait lâche de notre part de dire aux Français que leur retraite pourrait être assurée sans prolonger la durée d’activité et sans toucher à l’âge légal et au symbole des soixante ans ».Face au besoin de financement du système de retraite, estimé entre 56 à 80 milliards à l’horizon 2030, Fillon a par ailleurs parlé de « solliciter de nouvelles sources de financement parce que l’effort doit être partagé par tous ». Reste à savoir quelles seront les nouvelles formes de financement. Car si le gouvernement examine d’autres options, comme la hausse des cotisations des fonctionnaires ou le recours au fonds de réserve des retraites, il a en revanche abandonné, selon le Figaro de samedi, l’idée d’une taxe temporaire sur les revenus supérieurs à 11 000 euros par mois.


Medhi Fikri

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Tag(s) : #Economie
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