Le Front de gauche et Die Linke pour une voie au couple franco-allemand
Rédaction Web
21 Janvier, 2013
En parallèle aux célébrations officielles du 50ème anniversaire du Traité de l'Elysée scellant la réconciliation franco-allemande, Die Linke et le
Front de gauche s'associent ce mardi pour faire entendre une autre conception de l'Europe qui rompt avec l'austérité. Thomas Nord, député allemand Die Linke, fait le point pour
l'Humanité.fr.
Quel est le sens de cette célébration des 50 ans du Traité de l’Elysée pour Die Linke?
Thomas Nord. Cet anniversaire sera célébré dans un cadre institutionnel, notamment entre les assemblées – Assemblée nationale et Bundestag.
La Gauche en Allemagne et celle en France souhaitent aussi participer à ce 50ème anniversaire. Cependant, nous ne voulons pas nous limiter à une célébration historique.
Il y a ce mardi, particulièrement avec la crise de l’euro, un certain nombre de problèmes qui inquiètent Die Linke et le Front de Gauche. C’est pourquoi, pour nous, il s’agit avant tout
de mettre en place une stratégie pour organiser les coopérations entre la Gauche en France et en Allemagne. Car en réalité, de notre capacité à nous entendre, dépendra la capacité de la
Gauche à agir en faveur de ceux qui sont touchés socialement, dans cette crise de l’euro, non seulement en France et en Allemagne mais aussi dans le reste de l’Europe.
Mais la gauche en Allemagne a connu des reculs électoraux. En France, le Front de gauche a 15 députés à l’Assemblée. N’est-ce pas difficile pour ces
deux « petits » partis de changer quelque chose dans la politique des pays?
T.N. Tout d’abord, même les grandes choses ont commencé petites! En ce sens, le poids n’est pas forcément la bonne valeur. Elle est plutôt
l’influence que nous pouvons avoir dans la confrontation politique. Et si nous nous emparons des thèmes importants, alors, nous pouvons aussi grandir en tant que force politique à la fois
en dehors des enceintes parlementaires et dans celles-ci. Nos collaborations peuvent, je crois, renforcer notre poids. En outre, nous ne devons pas chercher des solutions
uniquement nationales mais européennes. Et si nous arrivons à établir des déclarations communes, il est aussi fort possible que des forces d’autres pays nous rejoignent.
Vous avez mis justement en place différentes initiatives communes comme la participation réciproque aux différentes campagnes nationales. Mais le
franco-allemand n’est-il pas dépassé quand nous vivons dans une Europe qui compte 27 Etats-membres ?
T.N. Nous ne voulons penser ni uniquement français ou allemand, ni franco-allemand, mais bien européen. Les impacts de la politique
d’austérité menée par les gouvernements français et allemand ne se font pas sentir seulement sur la France ou sur l’Allemagne mais sur la plupart des pays européens ; nous voulons
donc partager nos expériences. Nous sur les lois Hartz, les français sur le rapport Gallois. Et nous voulons voir ensemble comment résister à ces attaques, élaborer des propositions et
ainsi, nous voulons mettre en place des expériences qui peuvent devenir des exemples pour d’autres pays.
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Entretien réalisé par Fabien Perrier
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