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Le chômage s’abat sur les jeunes

 

Article paru dans Le JDD.fr le 12 août 2010


 

Conséquence de la mauvaise conjoncture, le taux de chômage mondial explose, et particulièrement celui des jeunes, qui atteint 13% selon un rapport de l’OIT. En France, les moins diplômés restent les plus exposés à la précarité.

"Génération perdue". C’est l’expression utilisée par l’Organisation Internationale du Travail (OIT) pour qualifier la jeunesse des années 2010. Suite à un rapport publié jeudi, l’agence spécialisée de l’ONU indique le chiffre effrayant de 13% concernant le taux de chômage mondial des 15-24 ans. En effet, sur 620 millions de jeunes économiquement actifs (qui ne poursuivent pas, ou ont achevé leurs études), 81,2 millions se trouveront sans emploi cette année. Ce total constitue une augmentation de 7,9% par rapport à 2007, date du dernier rapport. D’après l’OIT, c’est le plus haut chiffre enregistré depuis la création de l’organisation, née en 1919.

"Gâchis économique"

L'OIT met en garde contre le risque d’émergence d’une génération constituée de jeunes gens "totalement détachés du marché du travail, qui ont perdu tout espoir de pouvoir travailler pour gagner décemment leur vie". Le rapport de l’institution onusienne indique également que "l'incapacité à trouver un emploi crée un sentiment d'inutilité et de désœuvrement parmi les jeunes. Cela peut conduire à un accroissement des crimes, des problèmes de santé, de la violence, des conflits et de la consommation de drogue". Fidèle à sa déclaration d’origine, l’OIT avait été imaginée dans la corrélation qu’il existait entre "certaines conditions de travail" et "la mise en danger de la paix et de l’harmonie universelle".

Mais avoir un emploi ne suffit pas forcément. Le rapport cible également les pays à faibles revenus où 152 millions de jeunes, bien qu’ayant une activité rémunérée, vivent tout de même dans l’extrême pauvreté. Il met en perspective des foyers vivant avec moins d’un euro par personne et par jour. Selon Juan Somavia, directeur général du Bureau International du Travail (BIT), le secrétariat permanent de l’OIT, "les jeunes sont les moteurs du développement économique. Renoncer à ce potentiel est un gâchis économique et peut peser sur la stabilité sociale. La crise peut être une occasion de réévaluer les stratégies pour traiter des problèmes auxquels les jeunes sont confrontés en entrant sur le marché du travail".

25% des jeunes actifs français sans emploi

En ce qui concerne la France, la situation reste également préoccupante. D’après les chiffres officiels, 25% des 15-24 ans sont actuellement au chômage, soit un jeune sur quatre. Toutefois, il convient d’interpréter ces chiffres, car ils ne concernent que les jeunes "actifs". Un lycéen ou un étudiant, même s’il occupe un emploi à côté, n’est pas considéré comme un travailleur "actif", au sens économique du terme. La statistique de 25% de sans emplois se concentre uniquement autour des jeunes sortis du système scolaire ou universitaire, avec un niveau de formation très faible. Un chiffre qui démontre que la meilleure protection contre le chômage reste encore le diplôme.

Seulement, un diplôme ne fait pas tout. Spécialement en période de crise, les phases de raréfaction de l’embauche conduisent à une déqualification des emplois: les plus hauts diplômés acceptent plus facilement des postes occupés en période de meilleure conjoncture par des niveaux intermédiaires. Par conséquence, en bout de chaîne, les moins qualifiés se retrouvent très exposés.

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Tag(s) : #Société
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