La votation pour La Poste fait des émules à gauche !
Orléans (Loiret), envoyé spécial. Le référendum citoyen sur La Poste donne des idées à la gauche pour élargir le combat sur le service public. Et passer de la résistance à
l’alternative. Jeudi, à Orléans La Source, l’atelier national organisé sur ce thème à l’invitation des communistes du Loiret a fait salle comble. Trois cents personnes ont débattu jusqu’à près
de minuit. La plus forte participation jusqu’alors aux ateliers lancés par le PCF. Les militants communistes côtoyaient ceux de toute la gauche, socialistes, écologistes, militants du NPA, et
des syndicalistes, des associatifs et de simples citoyens venus en curieux. Un panel à l’image des invités : d’un côté, les politiques, parmi lesquels les représentants du Front de gauche
au complet, Marie-George Buffet (PCF), Jacques Généreux (Parti de gauche) et Michèle Ernis (Gauche unitaire). Tous acceptant de débattre avec les représentants socialistes locaux et nationaux,
Razzy Hammadi, secrétaire national, et François Bonneau, président de la région Centre. Sur l’autre partie de la scène, des syndicalistes postiers, cheminots, des universitaires, des
associatifs. Un attelage « complémentaire », a rappelé Marc Brynhole, le secrétaire départemental du PCF, à l’instar de ce qui a permis le succès de la votation citoyenne sur La
Poste.
RUPTURE AVEC LES TRAITÉS EUROPÉENS
À La Source, quartier populaire d’Orléans exilé à une dizaine de kilomètres au sud du centre-ville, la lutte pour le service public n’est pas un vain mot. Figure locale bien connue, Michel
Ricoud, élu conseiller général PCF du canton en 2008, a rappelé les batailles acharnées pour « maintenir des services de proximité », couronnées ou non de succès. Alors, quand Maurice
Chauvet, représentant de l’Observatoire des services publics, a appelé à « monter une contre-offensive d’une ampleur inégalée » pour reconquérir les services publics, les
applaudissements de la salle ont fusé. « Après le démantèlement des monopoles publics et des secteurs comme la santé ou l’éducation, celui des services sociaux et des services publics
locaux marque l’achèvement du marché des services » sur le modèle de la concurrence et du moins d’État exigé par l’OMC et l’Union européenne, a-t-il expliqué. « Nous sommes à un
moment charnière. Il faut aller au-delà de la posture de défense et la votation sur La Poste donne le mode d’emploi de la riposte. » Un point de vue partagé par Bernard Defaix, de la
Convergence des collectifs de défense et de développement des services publics, qui plaide pour une « constitutionnalisation » des services publics. Pour Jacques Généreux (PG),
l’unité serait « factice » sans clarification sur la rupture avec les traités actuels de l’Union européenne et le libreéchange. Ce qui exige, de son point de vue, une
« confrontation » entre les « deux orientations à gauche » au premier tour des élections. Une stratégie que récuse Razzy Hammadi (PS), qui estime que le débat interne au PS
a fait du chemin : « Oui, la privatisation de France Télécom était une grossière erreur ; oui, il est possible de ne pas transposer une directive », affirme-t-il.
« Pour l’instant, la gauche n’est pas dans le bon ordre de marche », constate Marie-George Buffet, qui appelle la gauche « à se mettre au travail, dans l’action et le débat, pour
définir une alternative avant d’afficher ses divergences, et nous verrons jusqu’où nous pouvons nous rassembler ».
SÉBASTIEN CRÉPEL
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