Politique / Social - Économie - Article paru le 13 octobre 2009 dans l'Humanité
La vérité sur le coût du travail en France !
La vérité sur le coût du travail en France !
Le conseil des prélèvements obligatoires démonte les dires de la droite. Il évalue les aides
publiques aux entreprises à 65 milliards. Merci Sarkozy !
« Le coût moyen du travail en France reste… plus faible que celui de l’Allemagne, du Royaume-Uni ou du Danemark,
malgré des cotisations patronales plus élevées. Les résultats sont les mêmes si l’on prend la productivité du travail. » Ces propos n’ont pas été tenus par un dirigeant syndical mais par le
premier président de la Cour des comptes qui est aussi celui du conseil des prélèvements obligatoires (CPO), Philippe Séguin, à l’occasion de la présentation du rapport réalisé par ce même
conseil pour le Sénat, début octobre. Il apparaît ainsi que le coût horaire industriel moyen est, selon une étude du département du Travail américain reprise par le CPO dans son rapport au Sénat,
moins élevé en France qu’en Allemagne, au Canada, au Royaume-Uni et en Italie. Si on pondère le coût du travail en prenant en compte sa productivité, la France se classe seulement au 8e rang en
Europe en 2007 selon les données d’Eurostat. Ce rapport sur les prélèvements obligatoires des entreprises montre ainsi clairement que le coût du travail est en France moins élevé que chez les
pays européens les plus développés, bien que « le taux de prélèvements obligatoires sur les entreprises » soit « en France plus élevé que dans la plupart de ses concurrents ».
Le président de la Cour des comptes précise cependant que « ce niveau élevé s’est quasiment stabilisé depuis 1985, surtout au cours de la période récente grâce à des allégements massifs
consentis aux entreprises ». Merci Nicolas Sarkozy ! La responsabilité du président de la République dans cette affaire est particulièrement lourde. Si le total des aides aux
entreprises est évalué à 65 milliards d’euros par le CPO, les choses vont en s’accélérant. En 2007 et 2008, les entreprises auront bénéficié de près de 12 milliards de réduction de prélèvements
obligatoires supplémentaires, principalement au titre de l’impôt sur les sociétés et de la taxe professionnelle. En connaisseur, Philippe Séguin annonce même que « les lois de finances pour
2009 et 2010 devraient amplifier le phénomène ». Le rapport du CPO jette donc un gros pavé dans la mare des adeptes de la baisse du coût du travail et des pleureuses de la droite et du Medef
qui affirment qu’en France, les entreprises seraient accablées par des salaires trop élevés et des charges exorbitantes. P. I.
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