La réduction de 30 % du salaire du président et des ministres adoptée
Rédaction Web
17 Mai, 2012
La présidence Hollande est entrée dans le vif avec la tenue jeudi après-midi du premier Conseil des ministres du gouvernement Ayrault arpès les
passations de pouvoir qui ont émaillé la matinée. Première mesure du quinquennat : la baisse de 30% du salaire du président et de ses ministres ainsi que la signature d'une "charte de
déontologie".
Les 17 hommes et 17 femmes nommés la veille - 18 ministres, 16 délégués - étaient présents au palais de l'Elysée pour le premier Conseil des ministres du
quinquennat Hollande. Outre la tradition des photos de famille, ont été adoptés la baisse de 30% du salaire du président et de ses ministres, mesure phare de la campagne de François
Hollande. Tous les membres du gouvernement ont du également signer "une chartre de déontologie", charte qui précise notamment aux ministres de ne pas accepter "des cadeaux d'une valeur
supérieur à 150 euros ni d'invitations personnelles" ou encore de "voyager en train autant que faire se peut". Jean-Marc Ayrault avait indiqué mercredi soir sur France 2 qu'il
proposerait en Conseil jeudi "une charte de déontologie pour que les ministres, dans l'exercice de leur fonction, ne mélangent pas les genres et qu'ils soient exemplaires". "Chacun devra
signer cet engagement, sur les conflits d'intérêt, le cumul des mandats, l'absence de toute autre activité", avait précisé le nouveau locataire de Matignon.
C'était le baptême du feu pour la plupart d'entre eux: cinq seulement ont une expérience gouvernementale (Laurent Fabius, Pierre Moscovici, Jean-Yves
Le Drian, Michel Sapin, Marylise Lebranchu). Inédit : c'est le premier Conseil des deux têtes de l'exécutif, François Hollande et Jean-Marc Ayrault, qui n'ont
jamais été membres d'un gouvernement. Dès mercredi soir, le nouveau premier avait assuré qu'il ne serait pas le "collaborateur" de François Hollande, terme utilisé par Nicolas Sarkozy
pour François Fillon au début de son quinquennat, mais qu'il aurait "la responsabilité de faire fonctionner l'Etat et d'animer l'équipe gouvernementale". Le président François Hollande
achèvera sa première semaine à l'Elysée en partant vendredi matin pour les Etats-Unis où il doit passer quatre jours: sommets du G8 (Camp David) puis de l'Otan (Chicago) et première
rencontre avec Barack Obama.
L'esquisse des premières mesures et lignes de force de la nouvelle présidence
Avant de rencontrer son prédécesseur Alain Juppé au Quai d'Orsay - comme lui énarque, normalien, à calvitie césarienne - le numéro deux du gouvernement
Laurent Fabius - l'homme du non au projet de Constitution de l'UE en 2005 - s'est dit "profondément Européen", mais en faveur d'une "Europe différente". Lors de la
passation des pouvoirs avec Luc Chatel, le numéro trois Vincent Peillon (Education) a souligné sa "responsabilité particulière": faire de l'école "une priorité". A son
côté, sa ministre déléguée à la réussite éducative, la députée parisienne George Pau-Langevin.
Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a affirmé, en relayant Valérie Pécresse (Budget) et François Baroin (Economie) que "la dette
publique est un ennemi" pour la France. Avec son prédécesseur Gérard Longuet, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a parlé Afghanistan.
Avant son premier compte-rendu de conseil des ministres, Najat Vallaud-Belkacem a salué un "gouvernement du changement" incarnant le respect
des engagements pris - parité, diversité, jeunesse. Elle avait annoncé plus tôt renoncer aux législatives à Lyon, dans une circonscription des plus incertaines pour elle. "Tout
ministre battu aux législatives ne restera pas au gouvernement", a en effet prévenu Jean-Marc Ayrault.
Parmi les principaux ministres: la députée guyanaise Christiane Taubira a décroché la Justice, Manuel Valls, directeur de
la communication du candidat Hollande, l'Intérieur. Ce gouvernement, dont six membres ont moins de 40 ans et 20% de l'ensemble est issu de la diversité, sera probablement remanié en
fonction des résultats des législatives, le pire scénario, brandi par la droite, étant celui d'un "troisième tour" aboutissant à une cohabitation.
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