La mise en commun, le communisme
Humanité Quotidien
7 Février, 2013
Editorial par Jean-Paul Piérot
Et si le devenir du communisme du XXIe siècle se jouait aujourd’hui ? Certes pas uniquement ni précisément au cours de ces quatre jours du 36e
Congrès du PCF – ce serait alors une insoutenable responsabilité qui incomberait à un millier de militantes et de militants.
En jetant un regard sur les premières années du nouveau millénaire, force est de constater, qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, que ce parti, secoué de
turbulences, aspiré dans un trou d’air en 2002 et 2007, promis au crash par ses contempteurs patentés, non seulement ne s’est pas abîmé mais est demeuré une formation qui compte, quoi
qu’insuffisamment, dans la société, sur l’échiquier politique et dans les institutions. Les communistes n’ont pas fait du surplace, ils ont su renouveler leur stratégie et leur pratique
avec la mise sur les rails du Front de gauche. Depuis sa création, à l’automne 2008, cette coalition ouverte s’est éprouvée au fil des campagnes militantes et des consultations
électorales pour devenir une forme originale et pérenne de rassemblement.
Le XXe siècle à la fois a porté de grandes espérances d’émancipation humaine et a essuyé de grands échecs. L’apparition d’une force
communiste en France, en 1920, a puissamment contribué à cette aspiration à la transformation de la société, toujours présente dans le peuple. La solidarité, la mise en commun contre le
tout marchand, bref une conception communiste, ont trouvé des débuts de réalisation en France même, comme le droit à la santé
et à la protection sociale intimement liée au nom du
communiste Ambroise Croizat. Si le XXe siècle n’est pas parvenu à changer, à humaniser le monde, le XXIe en sera-t-il capable ? C’est en quelque sorte la question que pose le secrétaire
national du PCF, Pierre Laurent, quand il invite
à défricher le chemin d’un « communisme
d’une nouvelle génération ».
Le climat politique de la France de ce début 2013, plongée dans l’austérité, a un urgent besoin d’éclaircie, qu’exprime en convoquant
Guillaume Apollinaire cet appel du congrès communiste à « rallumer les étoiles ». Chaque jour charrie son lot de renversement des valeurs, de tentatives de ringardiser les références au
progrès social. L’heure est à la stigmatisation des militants syndicaux qui refusent de signer avec le Medef un accord de capitulation sociale, qui ne cèdent pas
au chantage à la
fermeture d’entreprise et refusent de mettre en danger la santé des ouvriers que des patrons veulent soumettre au rythme des quatre-huit…
Soyons justes, ce mauvais parfum de revanche
sociale
ne date pas d’aujourd’hui, il a envahi tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy, mais les salariés de Florange,
de PSA, de Renault ou de Goodyear, qui ont contribué
à l’élection
d’un président et d’une majorité parlementaire se réclamant de la gauche, attendaient du gouvernement un engagement plus énergique contre les liquidations d’outils de travail et les
licenciements boursiers. Le congrès des communistes se tient au cœur de cet affrontement entre le capital et le travail,
en présence d’un aggiornamento non avoué du PS vers une forme de
renoncement. Le rôle des militants du PCF et du Front de gauche ne saurait être de compter
les points entre ultralibéralisme et social-libéralisme
dans leur partie « ne touchez pas au
grisbi », en attendant que l’histoire leur donne raison, mais de redonner
à la gauche et aux citoyens l’envie de transformer
le monde. Un impératif d’action.
Lire aussi :
Dans l'Humanité ce jeudi : le Congrès du PCF dressé
contre l'austérité [1]
Le PCF fait de son congrès une tribune du changement
[2]« Rallumer les étoiles » : la synthèse [3] [2]
Le PCF fait de son congrès une tribune du changement
[2]« Rallumer les étoiles » : la synthèse [3] [2]
[2]
Jean-Paul Piérot
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