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Mines. le mercredi 20 octobre, à 12h, à la gare des cars sera inauguré un témoignage historique des mineurs

 

La mémoire ouvrière de Brignoles est toujours vivante

 

Article paru dans La Marseillaise du mardi 19 octobre 2010

 

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Le passé des mineurs est toujours présent dans le Centre Var et une statue les représentera dans la ville.Ce n’est pas une œuvre artistique qui est inaugurée mercredi 20 octobre à 12h à la gare des cars de Brignoles mais un témoignage historique des mineurs qui ont permis par leur travail, leurs sueurs et  leurs souffrances la création de la richesse de ce centre Var. Leurs luttes ont permis des acquis pour les retraites, la santé, l’interdiction du travail des enfants, des salaires. La statue des Gueules Rouges est un témoignage de l’histoire et de la culture de ce territoire.

L’exploitation de la bauxite dans le Centre-Var a duré près d’un siècle et a profondément marqué l’histoire de la région. L'extraction de ce minerai dont on tire l'alumine pour le transformer en aluminium a modifié l'économie du centre Var de 1873 à 1990. Jusqu’en 1914, la bauxite varoise tient le rôle de « leader » mondial, employant plusieurs centaines de mineurs. Le Var était le premier département producteur de bauxite, une grande partie de la population locale travaillait dans les mines du territoire. La deuxième guerre a favorisé l’augmentation du nombre de travailleurs à la mine et les concentrations industrielles. Après cet apogée, c’est la concurrence étrangère, avec l’importation de la bauxite de Guinée et d’Australie notamment qui entraîne la diminution de la production varoise et progressivement sa fermeture qui sera définitive en 1990.

Les communes de Tourves, ainsi que celles de la Communauté de Communes (Le Val, Brignoles, Vins sur Carami, Camps la Source, Montfort sur Argens, Carcès, La Celle…) sont concernées. Les mines de La Brasque, Saint Julien, Mazauges, Péliquon, et les mines de Cabasse et du Thoronet ont toujours constitué un élément majeur de l’activité économique, du secteur d’emploi, du travail des communes. Elles ont vécu au rythme des marteaux-piqueurs, des déplacements des camions des mines à la gare des Censiés (Brignoles) d'où les trains partaient pour Gardanne. Le paysage était devenu rouge.

 

Luttes et avancées sociales

 

Le nombre de salariés stagne, autour de 1 300 dans les années cinquante, puis diminueront à 990 salariés en 1975 et à 225 en 1989. Malgré les grèves, le plan progressif de fermeture des mines se mettra en place. Le bassin Ouest (Mazaugues) s'éteindra le premier. À l'Est, la dernière exploitation souterraine, au Recoux, fermera en mars 1989 et l'exploitation en découverte de Doze, près de Cabasse en 1990.

Cette statue est à l’initiative de César Baroni qui durant de nombreuses années n’a cessé de la demander. César, est un homme  des mines de bauxite, un militant ardent défenseur de l’être humain, sensible, compétent et courageux et révolutionnaire. Sa vie de mineur, « de gueule rouge ») a commencé à l’âge de 14 ans à la mine. Fidèle à son parti, le PCF, à son syndicat, la CGT, César fut président de la caisse du secours minier et il fut l’artisan de la création de l’antenne de Brignoles. Jusqu’à la fermeture du dernier puits, César fut de tous les combats.

Les générations de mineurs qui se sont succédé ont vu leurs conditions de travail et leur statut social évoluer positivement suite aux grèves et aux manifestations qui ont permis à la classe ouvrière dans son ensemble de gagner des droits et dans lesquelles les mineurs ont pris toute leur place.

Les mineurs comme d’autres travailleurs ont connu la fatigue d’un travail physique intense et le manque de protection sociale. Du début du siècle à la Seconde Guerre mondiale, la mine a surtout été le fait des Italiens. Le recrutement des mineurs a accentué une immigration surtout piémontaise. La montée en puissance de l’activité extractive ne s’est pas accompagnée par la création de cités ouvrières et les villages du centre-Var ont accueilli cette main d’œuvre. L’éloignement des chantiers a souvent imposé des déplacements quotidiens importants s’ajoutant à leur journée de travail.

Sur les chantiers, nombre de situations devaient être gérées par les travailleurs avec parfois toute l’inventivité que nécessitait le manque d’outillage moderne. Compétences diverses, savoir-faire, capacités d’initiative ont été largement partagés par les travailleurs de la bauxite et beaucoup parlent de leur métier avec passion.

La Libération, c’est surtout pour les mineurs, après 1936, le second temps d’avancées sociales importantes. Une des plus importantes fut le statut du mineur : le mineur devenait un travailleur respecté qui recevait une rémunération en conséquence bénéficiant de diverses avancées : délégués permanents de surface, primes, congés spéciaux, commissions paritaires, etc. L’autre grand acquis fut l’institution de la sécurité sociale minière par le décret du 27 novembre 1946. La sécurité minière prit alors en charge non seulement le risque maladie mais aussi le risque accident du travail et la gestion des prestations familiales. La caisse locale de sécurité minière de Brignoles fut créée en 1948.

C’est pour que cette mémoire ouvrière vive, se transmette, que cette inauguration, doit connaître un succès d’autant plus important qu’elle fait le lien avec les luttes et les mobilisations actuelles.

 

L.C  

 

Pour en Savoir Plus

Claude Arnaud et Jean-Marie Guillon, Les Gueules Rouges. Un siècle de bauxite dans le Var, 1e édition CDDP du Var, 1989 et réédition augmentée Tourves, Association des Gueules rouges du Var, 2003. "

 

Claude Arnaud, Guillon Jean-Marie, «Les Gueules rouges : des mineurs de bauxite en Provence», Cahiers d’histoire de l’aluminium, n° 37, Institut d'histoire de l'aluminium, Gennevilliers, 2007, p. 15-27

 

 

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Tag(s) : #BRIGNOLES
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