La grève s’arrête, la tension demeure sur la ligne A du RER
Les assemblées générales de conducteurs ont voté « la poursuite de l’action sous d’autres formes ». Aucun syndicat n’a conclu d’accord avec la direction de la RATP et l’intersyndicale continue. Elle se réunira dès le début janvier.
Personne n’est dupe : la grève du RER A est terminée, mais cela ne signifie en rien la fin du conflit. Après dix-huit jours de grève totale, la plus longue à la RATP depuis le mouvement de
l’automne 1995 sur les régimes spéciaux de la Sécurité sociale, les assemblées générales de conducteurs ont voté la fin de la grève. « Aucun syndicat n’a signé de protocole d’accord, aucun
n’a appelé à la reprise du travail », assure Yannick Le Bohec, délégué CGT RER-métro. Il précise que les assemblées générales des conducteurs se sont prononcées pour « la poursuite du
conflit sous d’autres formes ». Il rappelle que la quasi-totalité des agents de conduite étaient dans le mouvement avec tous les syndicats et que l’unité syndicale demeure.
« L’intersyndicale tient toujours », affirme-t-il. Chez le syndicaliste aucune forfanterie : « Nous nous sommes heurtés à une volonté politique au plus haut niveau de l’État
et nous avons perdu la bataille de la communication », reconnaît-il.
Les enjeux du conflit
Le point de départ du conflit était, pour les syndicats, une revendication salariale. « Très vite, on s’est éloigné de la revendication initiale et il n’a plus été question que de la prime
proposée par la direction », constate Yannick Le Bohec. Prime fixe ou variable ? De quel montant ? Tels semblaient être les enjeux d’un conflit qui, dans ces conditions, est
passé pour strictement catégoriel aux yeux des Français. En témoigne un sondage CSA pour le Parisien qui montre une sympathie moindre à l’égard de ce mouvement (46 %) que pour l’ensemble
des mouvements sociaux depuis 1995 (65 % en moyenne) .
La proposition du président de la RATP, Pierre Mongin, d’une prime « pouvant atteindre » 80 euros si les
objectifs de régularité du trafic étaient respectés reste au travers de la gorge des conducteurs. « Cette prime est ressentie comme une insulte, fulmine le syndicaliste. La ligne A est
saturée. On ne peut pas déroger aux règles intransigeantes de sécurité pour assurer la ponctualité. Pour ne pas prendre de retard, faut-il envoyer les portes dans la figure des passagers ?
Les conducteurs mettent beaucoup de bonne volonté pour que ça fonctionne. Est-ce que cet état d’esprit perdurera ? » Selon la direction, la prime atteindrait les 80 euros si
l’objectif des 27 trains à l’heure était respecté. Un objectif qui semble inatteignable : aujourd’hui, il circule 24 ou 25 trains par heure en moyenne. « Je ne peux pas
dire à chaud comment le conflit se poursuivra. L’intersyndicale se réunira dès le début janvier », annonce Yannick Le Bohec.
Olivier Mayer
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