La droite table sur la légalité, la gauche sur la légitimité
Il y aurait d’un côté une majorité, respectueuse de la démocratie et, de l’autre, une opposition irresponsable, comme le prétendait, hier, le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire : « C’est le peuple qui a le dernier mot, et le peuple est représenté en démocratie par les parlementaires. » L’occasion, donc, de lancer un « vieux débat philosophique », selon Olivier Besancenot. « Même avec le vote, on continuera. On a gagné une bataille, celle de la légitimité », assure le porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste, qui assure que l’argument de la « légalité » ne pourrait suffire à faire taire citoyens et salariés. En réponse à Éric Woerth qui donnait des leçons de démocratie avant le vote à l’Assemblée nationale, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a rappelé que « la démocratie, c’est de respecter la souveraineté populaire ». Même tonalité du côté de Pierre Dharréville, secrétaire du PCF des Bouches-du-Rhône, qui demande d’une part au chef de l’État de ne pas promulguer la loi mais également de « tirer les leçons » du « fossé abyssal entre l’opinion majoritaire et l’expression du Parlement ». Ainsi, pour remédier à la « rupture du pacte républicain », Pierre Dharréville propose « de dissoudre l’Assemblée nationale, afin de rétablir le peuple dans sa représentation et dans ses droits ».
Du côté du Parti socialiste, Harlem Désir déclarait hier que le pouvoir s’adonne à une « démonstration de force politique ». Avec lui, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, estimait, dans le cortège parisien, qu’on ne « gère pas un pays contre les Français. Cette grande mobilisation est un plébiscite pour la justice et la solidarité ». Enfin, Benoît Hamon, le porte-parole du PS, a estimé que, outre la démocratie parlementaire, c’est « la démocratie sociale » qui « a été délibérément mise de côté avec un complice, le Medef, qui est resté bien silencieux tout au long de ce conflit ». En écho, Jean-Michel Baylet, le président du Parti radical de gauche, juge que « le vote au forceps (…) au moment où on annonçait une nouvelle hausse du chômage, en particulier des seniors, souligne les fortes contradictions de la politique d’un gouvernement ». Le dirigeant propose à ce titre une « conférence État-syndicats-employeurs des secteurs privés, d’économie sociale et publics » sur l’emploi. Enfin Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, assure que, malgré les discours du gouvernement affirmant que les manifestations seraient désormais « antidémocratiques », les salariés restent conscients « que le gouvernement prépare d’autres mauvais coups, notamment sur la Sécurité sociale ».
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