La droite prépare ses coups pour 2012
La droite commence à bouger : horizon 2012 oblige. L’UMP met au point un calendrier de conventions, l’objectif étant de définir un programme présidentiel pour le candidat Sarkozy.
La première réunion aura lieu à la rentrée sur le thème « Les valeurs de la droite ». Tout un programme. En attendant, des clubs de réflexion montent un début de bourdonnement.
La droite et ses réformes
Les «réformateurs» du parti présidentiel, sous la houlette d’Hervé Novelli, ont tenu un séminaire, samedi dernier à Toulon. C’est cependant Génération France, le think tank – qui se proclame investi d’une «mission de défricheur au service de notre majorité présidentielle» – animé par Jean-François Copé, président du groupe sarkozyste à l’Assemblée nationale, qui retient l’attention après un forum tenu lundi soir. Une attention d’autant plus vive que ses propositions les plus réactionnaires sur les retraites ont été largement reprises par l’Élysée et Matignon. Nicolas Sarkozy a connu un certain succès avec son slogan de 2007, «Travailler plus pour gagner plus». Jean-François Copé et ses amis ont trouvé une idée : «Travailler plus en travaillant mieux». Et Jean-François Copé d’expliquer tout de go : «Travailler moins, c’est impossible. Travailler plus, c’est inévitable. Travailler mieux est donc indispensable.»
L’idée du club est sans ambiguïté : en finir durablement avec les 35 heures. Non seulement parce que les mesures prises par Nicolas Sarkozy pour contourner la loi (défiscalisation des heures supplémentaires, etc.) coûtent trop cher, mais aussi parce qu’il entend revoir l’ensemble du rapport au travail dans une logique de révolution conservatrice sous couvert de crise. Parmi les propositions avancées figure un relèvement progressif de la durée du travail «négocié entre partenaires sociaux» dans le privé, et autoritairement introduit dans le public avec un passage obligé à la case 39 heures. Sans plus barguigner, il s’attaque à l’allégement du coût du travail, en basculant les cotisations, notamment patronales, sur la CSG. Laquelle serait fusionnée avec l’impôt sur le revenu. Les contribuables paieraient ainsi à la place du patronat.
« La flexibilité a réussi à s’imposer »
Jean-François Copé et son club vont encore plus loin en se promettant de jeter aux orties ce qui reste du Code du travail. Ainsi, s’ils constatent que la flexibilité a réussi à s’imposer, ils regrettent que des réticences à précariser davantage se nourrissent d’un refus de la mobilité imposée. Ils constatent que «la stabilité de l’emploi agit négativement sur la mobilité professionnelle», en particulier pour les jeunes diplômés, qualifiés de «managers intermédiaires». Idéologiquement, la droite reprend à son compte en transformant son contenu le principe progressiste de formation tout au long de la vie.
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