Dégradation des sols : le terreau de la faim
Humanité Quotidien
24 Février, 2012
La terre en mouvements
Avec Sauvons l’agriculture (1), Daniel Nahon, professeur émérite et spécialiste des sols
des pays chauds, lance un cri d’alarme que
l’on pourrait résumer
d’une phrase : soit l’agriculture
du XXIe siècle sera beaucoup plus écologique que celle du XXe siècle, soit elle ne sera plus en mesure d’alimenter la planète.
Désormais, prévient-il, « il s’agit de nourrir le monde sans se démunir de la fertilité du sol, sans raréfier les réserves d’eau douce, sans anéantir la vie
microscopique foisonnante qui nous entoure.
La science doit se mobiliser autour d’un objectif majeur : sauver l’agriculture ! Pour cela, il faut envisager
une approche scientifique qui,
sur bien des points, soit à front renversé de ce qui a été mené jusqu’à présent ».
L’auteur constate avec effroi que nous n’en prenons toujours pas le chemin. « Entre 8 à 16 millions d’hectares de terres arables sont anéantis chaque année »
par le béton, rappelle-t-il, et les bonnes pratiques agronomiques sont rarement privilégiées
dans une course au profit immédiat qui fait place nette aux monocultures de rente, dont
celles des agrocarburants. Ce faisant, on « scie la branche sur laquelle une fraction de l’humanité est assise ».
Et l’auteur de prévenir en conclusion de son ouvrage : « Les hommes
politiques, qui ont le pouvoir de décision, doivent ouvrir les yeux sur l’agriculture qui se meurt. »
C’est à cela que s’attache Daniel Nahon, quand
il nous instruit sur les conditions à réunir pour entretenir la fécondité des sols. Son ouvrage tire les
leçons des succès et des erreurs des pratiques agricoles passées et actuelles. Il met en garde contre les excès d’irrigation, lesquels finissent par saliniser et par stériliser les sols.
Il nous le dit, enfin : « Les nouveautés techniques présentées dans les salons agricoles ne suffisent plus
à régler le problème. »
(1) Odile Jacob, 264 pages, 23,90 euros.
Gérard Le Puill
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