Le résultat des élections a été rude pour les militants du Parti communiste français et du Front de gauche. Grâce à (ou en dépit de) une vague de gauche qui a fortement fait monter les suffrages pour les candidats se revendiquant de François Hollande, ces derniers, dans la plupart des cas, ont été élus, y compris dans des circonscriptions détenues historiquement par le PCF, profitant du ras-le-bol de Sarkozy et de l’envie de changement immédiat. Est-ce à dire que les électeurs ont jugé irréaliste ou inutile l’apport à une majorité de gauche de députés du Front de gauche ? Notre sondage sur la confiance des Français pour relayer leurs attentes bouscule en fait bien des idées reçues. Le score de 11,1 % des voix à la présidentielle – certes très bon, inégalé depuis les 15,5 % du candidat du PCF en 1981, Georges Marchais –, et les 7 % récoltés aux législatives ne résument pas, loin de là, l’influence des idées du Front de gauche dans la vie citoyenne.
La longue bataille des idées n’a pas été inutile, ce rassemblement de forces de gauche ayant marqué des points décisifs quant à la crédibilité des propositions qu’il défend : 25 % des Français classent ainsi le Front de gauche en tête des offres politiques qui défendent le mieux les intérêts des salariés, à quasi-égalité avec le Parti socialiste au pouvoir (27 %), devant l’UMP (22 %), et largement devant le Front national (seulement 12 % de citations). Surtout, le Front de gauche est perçu comme le meilleur défenseur de leurs intérêts par les jeunes (33 % des 18-24 ans contre 15 % pour le PS) et par les ouvriers (28 % de confiance prioritaire au Front de gauche contre 24 % au PS, 19 % à l’UMP et seulement 11 % au FN, qui convoite en particulier ces électeurs). Pour Yves-Marie Cann, analyste chez CSA, ces résultats montrent, au-delà des résultats électoraux, que « le vœu de changement politique reste élevé chez les Français en dépit des craintes relatives à la mauvaise conjoncture sociale et économique ».
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