La Corse, terre « sans expulsions »
L’été dernier, l’arrivée sur les plages corses de 123 Kurdes syriens avait été le prétexte saisi par Éric Besson pour durcir une fois de plus la politique migratoire française. Alors que ce projet de loi doit être examiné avant la fin de l’année par le Sénat, les élus de l’Assemblée de Corse ont adopté, vendredi, une motion qui déclare l’île « terre sans expulsion » et ils jugent que la loi Besson constitue un « nouveau cap dans l’iniquité et la réduction du droit des migrants ».
La motion adoptée mélange les propositions de Dominique Bucchini (PCF) et de Jean-Christophe Angelini, Femu a Corsica (nationaliste modéré). « En rappelant le poids économique des sans-papiers, nous leur redonnons une dignité », explique ce dernier, qui assure que la motion est « symbolique, mais à portée pratique » puisqu’elle demande aux élus de participer à des parrainages.
Avec cette motion, l’Assemblée de Corse prolonge un mouvement initié en septembre par le conseil régional d’Île-de-France qui avait déclaré qu’il «place tous les élèves étrangers mineurs ou majeurs susceptibles d’être menacés d’expulsion sous la protection de l’assemblée régionale». Depuis, l’Aquitaine, l’Auvergne, la Picardie, le Centre et la Provence-Alpes-Côte d’Azur ont, elles aussi, adopté de telles motions. L’idée est que chaque conseiller régional propose ensuite, dans le conseil d’administration du lycée où il siège, le même vœu, afin que les lycéens soient placés sous protection. «Le but n’est pas de régulariser quelques sans-papiers, souligne Richard Moyon, du Réseau Éducation sans frontières, mais de lancer un mouvement qui touche de nombreux lycées et permette de faire régulariser un maximum de sans-papiers.»
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