SEANCE PLENIERE DU 18 FEVRIER 2011
Contrat Régional pour l’Emploi et une Economie Responsable
INTERVENTION ALAIN.BOLLA
Conseiller régional communiste
Pour le groupe Front de Gauche
Monsieur le président, chers es collègues,
La question de l’emploi – particulièrement prégnante dans notre région - est la préoccupation première des français.
Avec un taux de chômage avoisinant les 11% et une dégradation constante de l’emploi en nombre, mais aussi en qualité, loin de sortir de la crise systémique dont le pic de 2008 a ébranlé la terre entière, l’enfoncement est réel.
Tous les clignotants économiques et sociaux sont au rouge depuis longtemps
Et personne ne peut s’avancer sur une éventuelle sortie crise!
La question de l’emploi est pour chacun fondamentale car elle induit les moyens de son émancipation, sa capacité à se loger, se nourrir ou tout simplement consommer et vivre dans la dignité.
De plus elle génère.les recettes fiscales et de solidarités comme celles de la protection sociale.
Avec le dispositif CREER, la Région entend réaffirmer sa préoccupation majeure sur cette question de l’emploi.
En mobilisant 100 millions d’euros par an durant la mandature, dans la transversalité des différents dispositifs et actions engagés, un signal fort est donné.
Au delà de l’engagement de campagne, le dispositif CREER vise plus loin que le simple chiffre des 10 000 emplois par an : il place la qualité de l’emploi et sa pérennité au cœur de l’efficacité économique et sociale de l’action régionale.
Ainsi, il entend garantir la sécurité des parcours professionnels par une forte synergie entre l’emploi et la formation
De même, le nouveau mode de gouvernance partagée entre les partenaires et acteurs sociaux, mérite que soient rapidement
examiner les besoins en termes de droits des syndicats et favoriser leur participation.
Sans nul doute, la région entend entrer dans une nouvelle dynamique en faveur de l’emploi et le groupe Front de Gauche s’en félicite.
Pour autant, la crise financière, économique et sociale que connaissent tous les pays Européens - et notre région n’est pas épargnée - nous interpelle directement sur les leviers à actionner pour ne pas être dans l’obligation d’accompagner en permanence les aléas économiques.
Nous pensons qu’il est nécessaire de se projeter dans une véritable démarche de développement en prenant des initiatives nouvelles en matière d’industrie et d’emplois industriels.
Les données de l’INSEE sont éclairantes en la matière, dans le même temps où l’essentiel des emplois en PACA se situent dans le tertiaire - et notamment le service à la personne et à l’entreprise - les emplois industriels en termes de richesses produites et d’emplois induits n’ont pas été remplacés.
L’INSEE avance l’idée d’une paupérisation grandissante en PACA et plaide en faveur d’un retour au développement industriel.
Dire cela ne signifie pas qu’il faille abandonner ou délaisser les activités de services ou de tourisme.
Mais simplement mesurer combien le pouvoir de l’argent a contribuer des décennies durant à façonner notre région, privilégiant le secteur tertiaire ou touristique, voire même la mono activité.
Oui, les entreprises du CAC 40 qui ont distribué 45 milliards d’euros de dividendes aux actionnaires en 2010 ambitionnent de liquider l’industrie Française, opérant - au nom de la rentabilité - des fusions capitalistiques et des délocalisations de productions dans les pays émergents.
Et de ce point de vue, la situation de FRALIB est édifiante.
C’est pourquoi, nous nous devons de répondre aux exigences immédiates et de soutenir les salariés et les activités des entreprises en difficultés.
FRALIB et Net cacao - deux dossiers d’actualités - appellent le soutien politique de notre institution et sa traduction par des actes concrets financiers et juridiques.
Nous avons déposé un amendement en ce sens.
Mais au-delà, il s’agit d’engager un véritable front d’idées, un véritable front de lutte, ayant l’objectif de gagner la ré industrialisation de notre région.
Certes la Région PACA n’a pas vocation à se substituer aux rôles et aux responsabilités des actionnaires, des patrons ou bien de l’Etat. Elle a cependant la légitimité du peuple en PACA et cela lui confère des droits mais aussi des devoirs et des obligations !
Dans le contexte de crise majeure du capitalisme d’aujourd’hui, chacun d’entre nous est face à ses responsabilités, et celles de la gauche sont immenses pour redonner l’espoir qu’un véritable changement est possible !
ET bien évidemment, toute initiative, tout acte, susceptible de contribuer à répondre aux attentes immédiates qui s’expriment dans la population participera de cet espoir.
Mais en valorisant les atouts de notre industrie régionale (navale, agroalimentaire, chimique, pétrolière, de défense, papetière etc.…), en faisant de l’industrie le moteur de notre économie régionale, nous contribuerons à la création de plus de richesses et nous nous donnerons plus de moyens pour répondre au défi de l’emploi et aux exigences bien légitimes des populations.
Cette démarche est complémentaire de la volonté régionale de défendre et développer les services publics, les missions et l’emploi public développant la solidarité, l’égalité d’accès, la justice et la cohésion sociale.
Ces ambitions majeures pour apporter des solutions efficaces aux préoccupations essentielles des populations et aux enjeux économiques et politiques de notre région amènent le Groupe Front de Gauche à proposer que se tiennent des états généraux de l’industrie en PACA comme socle d’un renouveau industriel avec comme premier axe de travail la transformation les pôles de compétitivités en pôle de coopération.
En s’appuyant sur les 400 millions d’Euros engagés sur le dispositif CREER nous pouvons en mobiliser davantage en faisant participer les banques qui ne cessent de s’enrichir avec l’argent de chacun d’entre nous.
Un fond régional dynamique pour l’emploi et pour la formation pourrait être ainsi dégagé préfigurant de la construction d’un pôle financier public.
Nul n’est prophète ni devin, mais tous les experts économiques s’accordent à montrer que la question de l’industrie et du développement de l’emploi industriel est au cœur de la question du développement durable bien assis sur son triptyque : économique, social, environnemental.
Face à la situation nouvelle, aggravée par un pouvoir au service des banques et des actionnaires, les institutions ont de nouvelles responsabilités. Le dispositif CREER qui nous est proposé est une base d’engagement qui devra nécessairement évoluer.
Pour conclure, nous considérons ce rapport indissociable de l’amendement déposé par le groupe FDG……
Je vous remercie de votre attention
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