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Identité nationale : Pourquoi les élus communistes n’y participeront pas !

mercredi 16 décembre 2009 / "le Patriote"


Du 10 au 17 décembre, des débats organisés par la préfecture, sur l’identité nationale, se sont tenus dans le département. « Révoltant », « indigne », « contraire aux valeurs républicaines », de nombreux acteurs de la vie politique et citoyenne ont fait savoir qu’ils n’y participeront pas. Extraits de leurs déclarations.

Par les Conseillers Généraux communistes des Alpes-Maritimes (Noël Albin, Francis Tujague, Jacques Victor)


« Nous tenons à déclarer que nous ne participerons pas à ce que nous considérons précisément comme une insulte à l’histoire même de la France et aux valeurs qui l’ont forgée. Les multiples dérapages et stigmatisations auxquels il a donné lieu jusqu’au plus haut niveau de l’Etat en sont une déplorable illustration et rappellent de bien sombres heures du passé.

Du Président de la République au Préfet, en passant par le Ministre de l’indignité nationale, Eric Besson, ils devraient les connaître ces valeurs, puisqu’elles figurent en bonne place aux frontons de tous les édifices publics : « Liberté, Egalite, Fraternité »

Mais comment pourraient-ils s’en soucier, en ces temps, où ceux qui luttent pour l’égalité des droits et le devoir de fraternité par des actes de solidarité sont passibles des tribunaux. Nous n’accepterons pas que l’histoire de notre pays et les valeurs qui la fondent soient prises en otage de façon politicienne pour de courtes visées électoralistes à l’approche des régionales afin de servir de contrefeu à la contestation qui monte face aux ravages causés par la politique du pouvoir actuel. Ces messieurs devraient savoir que, de Montaigne à Picasso, l’histoire et la culture de notre pays s’est nourri avec bonheur d’apport très divers et c’est l’esprit même des Lumières, inspirateur des valeurs de la République et de la Révolution Française.

Celle qui, rompant avec les vieux tabous, fonda une république non pas sur des critères de sang et de nationalité mais sur l’adhésion à une citoyenneté construite de droits et de devoirs dont précisément le droit du sol et le droit d’asile ! C’est lutter pour le respect de ces droits que d’être fidèle à l’histoire de la France et c’est à cette bataille, solidairement avec tous les autres citoyens qui y sont engagés, que nous préférons pleinement et activement participer ! La nation ne saurait se résumer au nationalisme, encore moins au chauvinisme et à toute forme de discrimination.

« Les valeurs de la République ne sont pas à vendre ! » Par Emmanuelle Gaziello et Robert Injey, conseillers municipaux de Nice, groupe communiste et républicain Monsieur le Préfet, […] je ne serai pas de ce débat car les questions posées en préalable « Qu’est-ce qu’être français ? », pourquoi « être fier d’être français », comment « définir l’identité nationale aujourd’hui » appellent à des notions subjectives et partisanes. S’il faut un débat, il doit porter sur l’histoire de la citoyenneté, de la démocratie dans notre pays, sur les droits de l’être humain et leur évolution, et bien sûr, sur la Nation et la République. Tous ces biens communs des hommes et des femmes vivant en France n’ont pas été décrétés par un gouvernement, ni par un décret mais par l’addition de grands mouvements démocratiques et sociaux (1789, 1930, 1948, La Commune, 1936, La Résistance, le gouvernement de la Libération, les grands mouvements sociaux, le suffrage universel) et par l’apport des citoyens et citoyennes quelles que soient leur origine, leur culture.

[…] Oui, nous avons besoin de débats citoyens, et pour ma part, je voudrais y mettre des questions telles que le droit de chacun et chacune à l’éducation et à un travail digne, des questions telles que les droits des femmes à vivre libres et égales, des questions telles que les droits des enfants, telles que le droit des salariés à avoir des papiers. Oui, la République peut se questionner, elle doit le faire à partir des droits de l’être humain et non d’un à priori sur le statut de Français. » « Un débat étriqué et meurtrier pour la République »

Par Paul Euzière, conseiller municipal à Grasse (extraits de la lettre qu’il a adressée au sénateur-maire de Grasse, JP Leleux) « L’initiative nationale lancée par MM Besson et Sarkozy me révulse. Depuis ma naissance, j’ai toujours vu Grasse accueillir des familles de travailleurs étrangers : Italiens, Espagnols, Algériens, Tunisiens, Marocains, Cap-Verdiens qui, en deux générations, sont devenus des Grassois qui s’identifient pleinement à notre ville et à notre pays dans la mesure où la République, l’Etat et les citoyens créent les conditions de leur pleine intégration. Cela n’est jamais allé sans difficultés.

Ma grand-mère, longtemps directrice de l’école de Magagnosc, me racontait comment à la fin des années 40, elle avait dû séparer des élèves qui s’étaient battus parce que l’un d’origine calabraise refusait à l’autre d’origine piémontaise la qualité de Français. Un demisiècle plus tard, directeur d’école à la Blaquière, je n’ai jamais été confronté à de telles situations.

Quelles que soient leurs origines, les enfants « d’immigrés » que j’ai eus en classe, depuis 30 ans, partagent complètement le devenir de notre ville et d’un pays qu’ils ressentent comme le leur sauf quand ils sont marginalisés socialement ou stigmatisés pour leur couleur ou leur religion.

Ce qui est trop souvent le cas de nos jeunes concitoyens d’origine musulmane dont on ne peut exiger des devoirs si l’on n’accorde pas, dans les faits, les mêmes droits qu’aux autres citoyens.

Ces dernières années, en tant que président du Festival TransMéditerranée, je me suis penché sur certaines pages de l’histoire de France, sur l’apport essentiel des troupes « indigènes  » Tabors Marocains, Tirailleurs Algériens et Tunisiens à la libération de notre pays. (…) A Grasse même, le monument de la Résistance porte le nom de J. Outcharov « Marcel  », résistant bulgare tué à Château Folie, responsable, comme M. Manouchian, des FTP-MOI, un représentant de cette « racaille » étrangère, de cette « armée du crime » disaient les nazis. Tous ces « étrangers  » dont ne parlent pas les livres de l’histoire officielle ont été reçus en France et traités comme des « indésirables ». A ce moment là, comme à tous les grands moments de notre histoire, personne ne les interrogeait ou ne s’interrogeait sur « l’identité nationale ». Tous étaient nos frères pourtant et participaient au meilleur de la France. Une France qui ne rayonne jamais autant que lorsqu’elle montre aux peuples du monde qu’elle fait vivre les valeurs de Liberté, Egalité, Fraternité. Pour toutes ces raisons, je ne participerai pas à un débat politicien étriqué et électoraliste, meurtrier pour la République, sur « l’identité nationale ». »

« L’identité nationale, c’est d’abord l’identité républicaine ! »

Par Ladislas POLSKI, Président départemental du MRC et conseiller municipal à la Trinité « Nul plus que nous n’est convaincu de l’importance d’affirmer, dans un monde en perte de repères, l’identité républicaine de la France, fondée sur un message universel. (…) Mais nous n’acceptons pas l’instrumentalisation de l’identité républicaine de la France, qui, dans les mains du ministre à la fois chargé de l’immigration et de l’identité nationale, se charge d’un sens défensif.

L’heure est à la compréhension du monde qui vient, celui du XXIè siècle, avec les repères solides fournis par l’héritage des Lumières. Elle n’est pas au repli identitaire sur un idéal national frileux qui tournerait le dos à la tradition dont nous nous réclamons, celle d’une patrie civique, généreuse et intégratrice. Tenus peu avant les élections régionales, ces débats départementaux sentent de loin l’opération politicienne visant à ramener les brebis perdues de l’extrême-droite dans le bercail de l’UMP. (…)

Ce n’est pas aux autorités nationales de demander aux Français la confirmation de leur livret de naissance. C’est à nous, Français, d’interpeller les autorités nationales en leur demandant compte de ce qu’elles font de l’héritage républicain de la France. » « C’est indigne »

Par Paul Cuturello, conseiller général des Alpes Maritimes et président du groupe socialiste et apparentés

« Ce débat est très mal venu. Il a des visées électorales à court terme mais il est anxiogène pour la société et laissera, hélas des traces sur le long terme. La définition du mot nation appartient à la société, non à l’Etat par le biais de ses préfectures. Ce débat est un instrument de division nationale, il exclut par le lien volontairement établi entre identité nationale et immigration et aujourd’hui entre identité nationale et minarets. Les déclarations de l’UMP, sur le mariage gris et sa volonté d’interdire les drapeaux dans les salles de mariages, ont pour effet de jeter la suspicion sur tous les mariages mixtes célébrés dans notre pays. C’est indigne.

Ce qui rassemble les habitants vivant sur le sol de la France, c’est avant tout le principe de Solidarité nationale dont sont issues la sécurité sociale, la retraite par répartition, les services publics de l’éducation, de la santé… tous les éléments du pacte républicain que Nicolas Sarkozy et son gouvernement cassent méthodiquement depuis 2007 au profit de l’intérêt individuel, avec la mise en place du bouclier fiscal pour les plus riches, opposé à l’intérêt collectif.  »

« Lepénisation des esprits » Par Charles CORRIERE Président de la section de la Ligue des Droits de l’Homme de Nice « La LDH continue à tenir pour contraire aux valeurs de la République l’existence même d’un ministère chargé de la gestion de « l’identité nationale », significativement associée à celle de l’immigration. Elle considère comme une opération de communication électorale en direction de l’extrême droite la campagne préfectorale de propagande identitaire lancée par le successeur de Brice Hortefeux. Dans un Etat démocratique, il n’appartient ni aux ministres ni aux fonctionnaires d’autorité de tracer le portrait des « bons Français » et de ce qui les caractérise, pas plus que de convoquer à cet effet des réunions labellisées par le gouvernement. La LDH ne saurait donc cautionner en aucune manière cette récupération officielle de la « lepénisation des esprits ». La section de Nice ne participera pas au débat sur l’identité Nationale (…) et cela malgré son souci permanent de débattre, avec les autorités de l’Etat sur les grands sujets de société. »

Identité nationale Pourquoi ils n’y participeront pas ! Du 10 au 17 décembre, des débats organisés par la préfecture, sur l’identité nationale, se sont tenus dans le département. « Révoltant », « indigne », « contraire aux valeurs républicaines », de nombreux acteurs de la vie politique et citoyenne ont fait savoir qu’ils n’y participeront pas.

Extraits de leurs déclarations.


http://www.le-patriote.info/spip.php?article3033
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Tag(s) : #Politique
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