Grenoble rattrapée par la précarité
Humanité Quotidien
29 Décembre, 2011
aides sociales
Depuis 2009, le CCAS de la ville a dû multiplier par deux le budget des aides sociales facultatives.
En 2010, 14 % de la population française vivait sous le seuil de bas revenu. À Grenoble, chef-lieu de l’Isère, ce chiffre atteint 23 %. Selon l’Insee, cette ville
de plus de 150 000 habitants cumule tous les indices de précarité qui en font la ville du département qui concentre le plus de pauvreté.
Ainsi, 24 000 personnes sont identifiées par la CAF comme vivant sous le seuil de bas revenus, tandis que 9 000 personnes sont dites fragiles, c’est-à-dire
qu’elles ne dépasseraient pas ce seuil sans les prestations sociales. Ces chiffres incluent les 9 000 allocataires de minima sociaux qui vivent à Grenoble, mais ne tiennent compte ni des
étudiants, particulièrement exposés à la pauvreté, ni des personnes âgées, alors que 8 600 retraités perçoivent le minimum vieillesse (677 euros) de la Sécurité sociale. « Dans le contexte de
crise, les demandes d’aides sociales facultatives, essentiellement pour aider les gens à survivre ou tout simplement à bouffer, ont explosé entre 2009 et 2010, et stagnent depuis »,
témoigne Olivier Noblecourt, vice-président du centre communal d’action sociale (CCAS). Lequel a vu le budget dédié à ces aides passer de 350 000 euros à 700 000 euros par an. «Depuis un an, on
stagne, mais je pense que c’est parce qu’on est sur un régime très haut», analyse le responsable, qui admet aussi que «des gens échappent au CCAS : certains abandonnent l’idée qu’ils puissent
être accompagnés, sans compter le report sur l’aide humanitaire.»
Alors que ces aides sont censées être ponctuelles et de dernier recours, Olivier Noblecourt a constaté «malheureusement que les ménages nous sollicitent plusieurs
fois. Cela montre bien une intensification de la pauvreté ». Pour essayer d’aider les familles à sortir de ce cercle de la pauvreté, la ville de Grenoble a créé une allocation, allant de 60 à
100 euros, pour aider les personnes les plus démunies habitant le parc privé à payer leurs charges.
URL source: http://www.humanite.fr/social-eco/grenoble-rattrapee-par-la-precarite-486724
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