Le député PS des Bouches-du-Rhône a demandé l’ouverture d’une commission d’enquête sur l’offre de reprise du Groupe Hersant Média par Bernard Tapie. GHM conteste.
La controverse continue autour du rachat par Bernard Tapie [1], associé à la famille Hersant, du pôle sud du Groupe Hersant Média (GHM, comprenant la Provence, Nice-Matin, etc.) pour 51 millions d’euros. Alors que l’offre de reprise devrait être homologuée par le tribunal de commerce de Paris en janvier, le député PS des Bouches-du-Rhône Patrick Mennucci a demandé l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire dans un courrier au président de son groupe, Bruno Le Roux. L’élu marseillais, dont les vues sur la prochaine municipale sont officielles, appelle à examiner de près plusieurs aspects de l’affaire. Il interroge d’abord sur l’endettement de GHM, qui s’élève à 215 millions d’euros. « Il y a trop de zones d’ombre. Dans cette transaction, 17 banques vont au final abandonner 165 millions d’euros, soit 77 % de leurs créances », a-t-il déclaré lundi au Parisien, déplorant un « manque à gagner pour l’État ». Dans sa lettre, le député questionne également une possible connivence avec « l’administrateur judiciaire, M. Thévenot » et d’éventuelles manœuvres qui, « limitant la concurrence, ont fait diminuer le prix d’acquisition ».
Bernard Tapie, soupçonné de vouloir faire main basse sur la cité phocéenn [2]e, avait, lui, déjà accusé le gouvernement d’avoir tenté de « bloquer » son offre en favorisant celle, rejetée, du groupe belge Rossel. « Le patron de la société belge (…) nous a alors dit noir sur blanc, lors d’une conversation que l’on a enregistrée [3], que la directrice adjointe du cabinet de Montebourg l’avait contacté pour le pousser à faire une offre d’achat », a-t-il affirmé. Réplique du ministère : « L’offre de l’alliance Tapie-Hersant n’a bénéficié d’aucun traitement de faveur ou de défaveur. »
Mais la demande d’une commission d’enquête a soulevé une nouvelle levée de boucliers dans le camp Tapie. « L’offre de Rossel était moins-disante et surtout impossible à mener à bien », a déclaré l’avocat Maurice Lantourne qui, s’il admet connaître Christophe Thévenot « puisque, il y a une quinzaine d’années, il a fait un stage de quelques semaines dans (mon) cabinet », conteste qu’il ait eu un quelconque « pouvoir de décision dans le dossier ». Le directeur général de GHM, Dominique Bernard, a, lui, martelé que la solution du rachat par Tapie « est la seule à garantir l’intégrité de GHM et donc la pérennité de ses titres », fustigeant « les affirmations contraires à la réalité » et « une profonde méconnaissance du dossier ».
Toujours est-il que l’argumentation de Patrick Mennucci aurait reçu un accueil positif de Bruno Le Roux, qui a jugé « nécessaire » d’apporter des réponses à ces « questions très sérieuses ». « Dès la rentrée parlementaire, j’en discuterai avec les responsables du groupe socialiste. On verra si la réponse est la constitution d’une commission d’enquête », a précisé le patron des députés PS.
- Lire aussi :
Tapie accuse Montebourg d'avoir voulu torpiller son rachat des titres du groupe Hersant
[3]
Marseille: Tapie dans l’ombre des municipales (analyse) [4]
Le retour de Tapie suscite un tollé en Provence… [5]
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