Gens du voyage : bientôt la fin de 100 ans de discrimination
Rédaction Web
27 Juillet, 2012

Le 16 juillet 1912, la loi encadrant « l’exercice des professions ambulantes et la circulation des nomades » entérinait la création d’un « carnet
anthropomorphique » pour recenser les gens du voyage vivant sur le territoire français. 100 ans plus tard, un sénateur UMP va déposer un amendement demandant sa suppression, au motif des
nombreuses discriminations que subissent les personnes qui le présentent.
Pierre Hérisson, sénateur UMP de Haute-Savoie et président de la Commission Consultative des gens du voyage, doit présenter dans les jours qui viennent une
proposition de loi visant à supprimer le carnet de circulation pour le remplacer définitivement par la carte d’identité.
Créé en 1912 dans le cadre de la loi encadrant « l’exercice des professions ambulantes et la circulation des nomades » pour recenser les populations
notamment Tsiganes ou Manouches vivant sur le territoire français, ce carnet a eu 100 ans le 16 juillet dernier. La loi de 1912 a été légèrement modifiée en 1969 pour en créer 4 types,
différant en fonction de la situation professionnelle et des revenus de la personne, mais elle continue d’imposer le « carnet de circulation » à tous les nomades de plus de 16 ans, sans
résidence fixe depuis plus de 6 mois et sans source de revenus régulière. Il constitue souvent la seule pièce d’identité des gens du voyage en France, et les met dans l’obligation de
pointer tous les trois mois dans un commissariat et tous les cinq ans en préfecture, sous peine de devoir payer une amende de 1.500€.
Refus de prêts, d’ouverture de comptes ou d’embauche
Ce carnet est depuis longtemps l’objet de critiques de la part des populations nomades et de leurs défenseurs. Imposant des contraintes de pointage qui
s’apparentent presque à un régime de liberté surveillée, il est la cause de multiples difficultés sociales et discriminations pour les 350.000 à 500.000 gens du voyage vivant en France.
Peu d’entre eux savent qu’ils pourraient se faire délivrer une carte d’identité et n’ont que le carnet à présenter aux banques, employeurs et administrations. Ils essuient alors les refus
de prêts, d’ouverture de comptes, d’embauche ou de versement des droits au chômage, et doivent prouver leur rattachement à une même municipalité pendant au moins trois années consécutives
afin de pouvoir voter.
Pierre Hérisson et les défenseurs des gens du voyage souhaitent donc la disparition de ce dispositif propice aux stigmatisations de toutes sortes et
proposeront une loi entérinant son remplacement définitif par la carte d’identité, comme pour tous les autres citoyens français.
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Théo Maneval
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