France une agriculture diversifiée qui occupe la troisième au niveau mondial
Mardi 27 octobre 2009
L'agriculture occupe la première place au niveau européen et la troisième au niveau mondial.
Deuxième exportatrice mondiale de produits agricoles et alimentaires derrière les Etats-Unis, la France dispose d’une agriculture vigoureuse, diversifiée et présente sur tout le territoire. Elle ne représente cependant que 3,5% du PIB et 527.000 exploitants mais, en termes de production, elle occupe la première place au niveau européen et la troisième au niveau mondial.
Champion des céréales
En 2007, la production agricole totale a crû de 10% pour atteindre 64,3 milliards d’euros selon les statistiques de l’Insee. La France est le premier producteur européen de céréales devant l'Allemagne et la Pologne. Avec 37 millions de tonnes en 2008, la récolte de blé a été l'une des meilleures de la décennie. Autres productions céréalières: le maïs (15,6 millions de tonnes) et l'orge (12 millions). La France est également le premier pays européen dans l'élevage bovin (viande) et de volailles et le deuxième derrière l'Allemagne pour la production de lait. Pour le porc, l'Hexagone figure loin derrière l'Allemagne et l'Espagne.
Commerce extérieur
Cette importante capacité de production permet à la France d’être le deuxième exportateur mondial de produits agricoles bruts et transformés. Alors que la France a accusé un déficit extérieur de plus de 55 milliards d’euros en 2008, le secteur agricole a permis de dégager un excédent de 9,5 milliards d’euros (3,5 milliards pour les produits bruts et 6 milliards pour les produits des industries agroalimentaires).
Cette croissance repose sur les exportations de céréales, dont les prix et les quantités augmentent, et sur celles des produits laitiers. Petit bémol pour les exportations de vins, qui, face à une concurrence accrue (Californie, Chili, Australie, Afrique du Sud ou Argentine), accusent un repli de 0,3% en valeur en 2008 à 9,31 milliards d’euros.
La France destine surtout ses exportations aux autres pays de l’Union Européenne (32,8 milliards exportés). L’excédent commercial avec l’UE atteint 8 milliards d’euros. Nos principaux clients sont l’Allemagne, la Belgique et le Royaume-Uni. Au premier rang des produits exportés: les boissons et alcools (11 milliards en 2007), puis les préparations alimentaires (6,2 milliards) et les céréales (5,5 milliards). Toutefois, la France en 2008 exporte autant de blé en Afrique qu'en Europe.
La production animale prend de la valeur
La hausse de la valeur de la production agricole française (+3,8%) en 2008 résulte de l'effet conjugué de la croissance des volumes (+2,6%) et des prix (+1,2%). Toutefois, si la production animale prend de la valeur (+10,9%), ce n'est pas le cas de la production végétale (-0,3%).
La majoration des prix de la production animale est significative (+9,4%). Le prix du lait, première production française avant le blé, croît de 16% en moyenne annuelle, malgré un écroulement en fin d'année. Par ailleurs, le prix de la production végétale diminue (-3,7%), tiré à la baisse par la chute des prix des céréales (-21,3%), dans le sillage des cours mondiaux.
Revenus agricoles en baisse
2008 marque un recul des revenus des agricoles. En effet, le résultat agricole net diminue de 10,5%, après deux années de forte croissance. Et le revenu net d'entreprises agricoles (après paiement des salaires) diminue davantage (-20,4%). Le revenu des producteurs de bovins viande s'est dégradé de 32% en 2008, contre -16% et -26% respectivement pour les producteurs de légumes et de fruits.
Ce phénomène s'explique par le renchérissement des consommations intermédiaires, conjugué à une faible évolution des subventions agricoles, qui passent de 9,8 milliards à 9,9 milliards d'euros en 2008. La politique agricole commune (PAC) reste néanmoins le premier poste de dépenses au budget de l’Union européenne, représentant 42 % des dépenses communautaires en 2006.
Hausse du prix des intrants
Les agriculteurs sont confrontés à une forte augmentation des prix des consommations intermédiaires (+8,5% en 2008), qui se traduit par un coût de production plus élevé et des marges moindres. Les dépenses s'alourdissent particulièrement pour les engrais (+38%), l'alimentation animale (+15%), la consommation énergétique (+20%) ainsi que pour les fongicides et herbicides.
Les agriculteurs français sont de plus en plus soumis à la volatilité du cours des matières premières. D’autant que la PAC, dont la fin est annoncée en 2012, ne garantit plus des prix plancher. La chute des cours s'explique par la surabondance de la récolte mondiale 2008 qui a conduit à la reconstitution des stocks mondiaux. Le prix du blé est ainsi passé de 280 euros la tonne en 2007 à 142 euros aujourd’hui.
Sources: chiffres du ministère de l'Agriculture et de l'INSEE.
Marion Lippmann
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