Fralib : le juge ordonne l'expulsion... à compter du 1er juin
Le juge des référés du tribunal de grande instance de Marseille a ordonné aujourd'hui l'expulsion des salariés de Fralib (Unilever) qui occupent de
nouveau depuis vendredi leur usine de Gémenos (Bouches-du-Rhône), mais seulement à partir du 1er juin. Les salariés ont qualifié cette décision de "mesurée", laissant "une chance à la
négociation pour sortir du conflit".
Gérard Cazorla, le secrétaire CGT du comité d'entreprise du site, le seul en France à produire les thés Lipton et tisanes Eléphant, il a rappelé qu'en
général "les décisions d'expulsion sont prononcées immédiatement: si le juge nous a donné jusqu'au 1er juin, c'est qu'il a voulu donner une ouverture à la négociation". La direction de
Fralib (groupe Unilever) a estimé que "la justice (avait) fait prévaloir la force de la loi sur la loi de la force". Les salariés ont qualifié cette décision de "mesurée", laissant "une
chance à la négociation pour sortir du conflit".
Pour l'avocat des salariés, Me Amine Ghenim, qui a déclaré être très satisfait" de cette décision, le délai imparti permettra "enfin que s'organisent un
dialogue et une négociation sincères autour du projet alternatif" présenté par le personnel.
Les salariés de Fralib ont réinvesti le site vendredi [1],
au 592e jour du conflit, "pour ne pas laisser partir ou détruire notre outil de travail" avaient dit "espérer que le gouvernement entre vite en action et s'occupe de notre dossier",
rappelant que François Hollande leur avait apporté son soutien à plusieurs reprises.
Le syndicat CGT, largement majoritaire parmi les salariés, réclame de longue date le maintien de l'outil industriel, dont le terrain et les bâtiments
pourraient être préemptés, selon lui, par les collectivités locales, et une table ronde nationale pour mettre en place un projet de reprise de l'activité sur le site de Gémenos. Sur les
182 salariés initiaux, 103 encore en lutte se voient proposer un nouvel emploi au sein du groupe Unilever, ou un congé de reclassement dans la région, dans le cadre d'un troisième plan de
sauvegarde de l'emploi validé par la justice marseillaise le 20 avril, les deux premiers ayant été retoqués.
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