Fermetures de classes : les parents mobilisés
Cent fois sur le métier tu remettras ton ouvrage…
Les parents d’élèves de la maternelle de Font-Pré, à Toulon, ont de la suite dans les idées. Résolument opposés à la fermeture de
classe qui menace leur école, ils ont, deux soirs de suite, redécoré les murs extérieurs de l’inspection académique. Mais, hier matin, à l’ouverture du comité technique paritaire départemental,
pétitions et dessins d’enfants avaient été minutieusement retirés…
Une soixantaine de fermetures
Qu’à cela ne tienne. Rejoints au fil de la matinée par des parents de l’école du Revest, de Zunino 1 et 2 à La Garde, de l’Orée du
Bois à Saint-Mandrier… tous ont réaffirmé leur volonté de défendre une éducation de qualité. « Jusqu’à présent, tout va bien au Revest. C’est “la petite maison dans la prairie”. On n’a pas
envie que, du jour au lendemain, ça se dégrade au détriment de nos enfants », explique Marc Forasiepi, du syndicat autonome des parents d’élèves.
« Ce qui est important, c’est la qualité de travail des enfants. De 28 ou 29 élèves par classe, on risque de passer à 35 ou
36. La qualité de l’enseignement va s’en ressentir. L’instituteur risque d’être dépassé », renchérit Laurent Alibert, un papa qui défend l’école maternelle Font-Pré.
Après quatre heures de réunion, Manu Trigo, secrétaire général du syndicat Snuipp du Var, s’échappe quelques minutes pour livrer
l’avancée des discussions avec l’inspecteur d’académie. Si quelques parents sont rassurés, les craintes se confirment.
« Le département doit rendre 62 postes (48 enseignants et 14 intervenants et assistants) au ministère. Sans compter les postes
spécialisés, ni les intervenants en langues étrangères. Ça veut dire 62 fermetures de classe», lâche le représentant syndical.
Fichier des quelque 550 écoles primaires varoises sous le bras, Manu Trigo a le détail des propositions de fermetures faites par
l’inspecteur d’académie. Mais répond au conditionnel aux questions des parents inquiets. « Aucune annonce officielle ne sera faite aujourd’hui (lire hier). Fort des discussions que nous
avons eues, des dix-sept propositions d’ouvertures de classe que nous lui avons faites, l’inspecteur d’académie va sans doute reconsidérer sa position. On estime qu’il peut éviter treize
fermetures », explique Manu Trigo.
Verdict ce soir
À ceux qui ne voudraient voir en lui qu’un comptable, Jean Verlucco, l’inspecteur d’académie, rétorque : « Je ne travaille pas
à la calculette. Je reste sensible aux petites écoles, aux zones d’éducation prioritaire. Moins à l’occupation des écoles… Mon seul souci est l’équité et la transparence. Mais au final, il y
aura dans le département 48 suppressions d’emplois de professeurs des écoles. »
Pour connaître les établissements concernés par ces fermetures, Jean Verlucco, qui fait remarquer au passage qu’il envisage
également une vingtaine d’ouvertures de classes, donne rendez-vous ce soir, à l’issue du comité départemental de l’Education nationale.
Plus que jamais mobilisés, les parents d’élèves ont promis de donner de la voix devant les grilles de la préfecture où se tiendra
la réunion.
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