FCPE : donner la parole aux parents d’élèves
Article paru dans La Marseillaise du jeudi 7 janvier 2011
Pour Philippe Garnier (FCPE du Var), « l’Ecole publique n’a jamais été dans une situation aussi catastrophique ». BRUNO ISOLDA
A travers la campagne « Défendons l’école », la fédération de parents d’élèves entend recenser les besoins des établissements
publics du département.
Faire le point, en termes de besoins et de dysfonctionnements, établissement par établissement, dans l’ensemble du département, afin
de dresser un état des lieux le plus précis possible : le chantier est ambitieux. La FCPE ne le nie pas, mais a tout de même décidé de mener le projet à son terme. Elle se donne environ un an
pour y parvenir, et annonce qu’elle diffusera un point d’étape lors de chaque trimestre.
Elle lance ainsi un appel à l’ensemble des parents d’élèves du département - qu’ils soient adhérents ou non de l’association -,
invités à faire remonter les conditions de vie et de travail de leurs enfants au quotidien. Outre le fait que l’information sera relayée par les conseils locaux FCPE, un site Internet, destiné à
recueillir les témoignages, a été créé à la fin du mois de novembre. Armés de leurs souris et à l’aide d’un simple clic, les internautes peuvent exprimer leur opinion sur la démarche engagée par
la fédération de parents d’élèves. Ceux-ci ont également la possibilité de répondre à un questionnaire détaillé en fonction du niveau d’étude de leur progéniture (maternelle, primaire, collège,
lycée).
Se réclamant du même état d’esprit que le collectif national « Un pays, une école, notre avenir » qui a vu le jour il y a un peu
plus d’un an et rassemble quelque 25 organisations, l’opération vise plusieurs objectifs.
Le premier étant d’élaborer une cartographie qui, pour l’heure, n’existe ni sur le plan local, ni sur le plan national d’ailleurs. «
Il y a bien des rapports et des chiffres par département, mais pas de vision détaillée d’un établissement à l’autre », souligne Philippe Garnier, président de la FCPE.
« Actions concrètes ».
A travers « Défendons l’école », la fédération souhaite aussi « sensibiliser véritablement les parents qui ont souvent peu la parole
» et faire en sorte que ceux-ci s’impliquent davantage. « Les enseignants ont des revendications légitimes à exprimer, mais nous avons des objectifs communs », poursuit-il en plaidant pour que
les parents puissent jouer le rôle qui est le leur.
Les informations réunies pendant des mois par la FCPE n’ont pas vocation à demeurer dans un tiroir. Elles devront permettre la
conception « d’une plate-forme d’actions concrètes à mener dans le département ». Un document qui aura pour mission « d’alerter les politiques et les médias ».
« L’école n’a jamais été dans une situation aussi catastrophique », insiste Philippe Garnier. Le président de la FCPE en veut pour
preuve les récents rapports de l’Inspection générale sur la préparation de l’année 2010 et une note d’information de la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance).
Deux documents qui font état de « constats alarmants sur notre système éducatif ».
Au chapitre des attaques contre l’école publique, Philippe Garnier évoque une longue liste de mesures régressives parmi lesquelles
la possible suppression de fonds sociaux pour les enfants les plus défavorisés (accès aux voyages scolaires par exemple) ou encore l’octroi d’aides financières à des écoles privées au détriment
du public avec la loi Carle.
Les premiers éléments émanant de témoignages de parents varois viennent également confirmer les craintes de la FCPE : il y est
notamment question de suppressions de classes et de salles de cours surchargées. « Dans certains endroits, on arrive jusqu’à 35 élèves par classe en terminale », indique Philippe Garnier.
Celui-ci tient également à mettre l’accent sur le manque généralisé de personnels : « Dans un lycée de La Seyne, qui accueille 1600 élèves, on compte seulement six surveillants qui, en plus,
doivent souvent effectuer des tâches administratives. On nous parle de violence, mais il ne faut pas s’étonner ! Et ce n’est pas en mettant des flics et des caméras de surveillance que l’on
règlera le problème. »
AGNES MASSEI