Face à la "crise sanitaire" des étudiants, deux syndicats tirent la sonnette d'alarme
Rédaction Web
28 Octobre, 2011
Lors d'une conférence de presse commune, deux syndicats étudiants, l'Unef et la Fage, ont décidé jeudi dans une démarche inédite de mettre le
ministre Laurent Wauquiez "au pied du mur" pour qu'il apporte "très vite des réponses à la crise sanitaire des étudiants" qui se profile.
"Nous tirons la sonnette d'alarme depuis un moment, le temps de la discussion est passé. Aujourd'hui, nous voulons mettre publiquement Laurent Wauquiez au
pied du mur pour obtenir très vite des réponses à nos demandes", a dit Emmanuel Zemmour, président de l'Unef, première organisation. "Je ne pense pas que M. Wauquiez souhaite être
le ministre des étudiants qui a vu une crise sanitaire naître sous son mandat", a-t-il ajouté.
Les organisations réclament "l'exonération" de la taxe sur les mutuelles qui est passée de 3,5% à 7%. "Cette mesure est injuste car ce n'est
pas la rigueur pour tout le monde", a dit Emmanuel Zemmour, soulignant que l'industrie pharmaceutique est "épargnée". L'exonération de cette taxe "ne coûte presque rien pour le
gouvernement: environ 7 à 8 millions d'euros de moindres rentrées fiscales", a-t-il fait valoir. Les organisations étudiantes réclament aussi un "plan de santé national que M. Wauquiez
appelait lui-même de ses voeux en 2006, quand il était député", a rappelé le président de l'Unef. "C'est quatre euros de plus par étudiant affilié à la Sécurité sociale, soit une dépense
de sept millions d'euros: une goutte d'eau pour le gouvernement mais une somme minimale pour assurer la pérennité de la sécurité sociale étudiante", a-t-il dit.
"Face à une situation exceptionnelle, nous avons pris nos responsabilités en lançant un appel commun", a dit Philippe Loup, de la Fage, deuxième
organisation. Les deux syndicats, qui représentent 75% des étudiants, demandent "une rencontre officielle avec M. Wauquiez" et annoncent le lancement "dès lundi d'une pétition
nationale" pour appuyer leurs revendications. "Si le ministre ne nous apporte pas de réponse, nous le prendrons comme une fin de non recevoir et nous aviserons de la suite à
donner à notre action", a dit Emmanuel Zemmour. "La balle est dans le camp du gouvernement".
"Aujourd'hui, il y a une urgence qui doit être réglée d'ici à la présidentielle mais il y a aussi des réformes structurelles à mener et on continuera à
porter le message sur la santé des étudiants pendant la campagne électorale", a dit Philippe Loup, en citant notamment la création de services de médecine préventive au sein des
universités.
Au total, "40 millions d'euros ont été prélevés par l'Etat sur la santé des étudiants depuis 2007", déplorent les syndicats. "34% des
étudiants déclarent devoir renoncer à un traitement médical en 2010-2011", "19% des étudiants ne peuvent se payer une complémentaire santé" et "20% des étudiants déclarent que leur santé
s'est dégradée depuis l'année dernière", rappellent-ils.
URL source: http://www.humanite.fr/social-eco/face-la-crise-sanitaire-des-etudiants-deux-syndicats-tirent-la-sonnette-dalarme-482627
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