Europe, d’autres choix sont possibles
Humanité Quotidien
1 Décembre, 2011
Allemagne
Et si l'avenir de l'Europe ne se limitait pas au pas de deux Sarkozy-Merkel de demain, lundi? Dans une résolution commune, les députés PCF et du
Parti de gauche et leurs homologues de Die Linke en Allemagne proposent des mesures financières pour sortir de la crise.
Et si la France et l’Allemagne, plutôt que d’être les chantres du libéralisme en Europe, s’unissaient pour sortir de la crise financière dans l’intérêt des
peuples. Telle est, en quelques mots, le sens du projet de la résolution européenne pour la « mise en place d’un fonds européen de développement social, solidaire et
écologique » proposée, en commun, par le groupe de la Gauche démocratique et républicaine (GDR) regroupant les députés PCF et du Parti de gauche à l’Assemblée nationale et le groupe
Die Linke (la gauche) au Parlement allemand, le Bundestag. Résolution qui est venu en débat dans les deux pays jeudi.
Pour un fonds européen de développement
Pour le député Jean-Pierre Brard (app. PCF), qui, au nom de la GDR, soutiendra la résolution : « Face au couple Merkel-Sarkozy qui veut un
condominium franco-allemand pour servir les intérêts du capital » et au moment ou « l’internationale de la finance prend tous les pouvoirs, jusqu’à installer à la tête de
certains pays comme la Grèce ou l’Italie son propre personnel, nous recréons, en quelque sorte, une internationale pour de véritables alternatives de gauche à la crise en Europe ».
C’est le sens de cette résolution, fruit de nombreux débats avec Die Linke, qui a, pour Jean-Pierre Brard « vocation à être une base de rassemblement plus large en
Europe ».
Dénonçant le « pacte pour l’Euro» qui impose aux États le retour 3 % de déficit, met sous surveillance leur budget, oblige ceux-ci à se conformer
au « paradigme de l’austérité au risque d’entraîner l’ensemble des pays de la zone euro dans une spirale de récession accompagnée d’une montée du chômage de masse et d’un recul des
droits sociaux », la résolution de la GDR et de Die Linke propose la création d’un fonds européen de développement. Pour les députés, ce fonds aurait pour objectif « d’éviter la
spéculation sur les dettes des États, en permettant à ceux-ci de ne plus dépendre pour leurs financements des marchés financiers » avec un rôle nouveau de la Banque centrale
européenne (BCE).
"Convergence sociale, harmonisation fiscale"
C’est donc une tout autre logique que porte cette résolution. Celle « d’une convergence sociale, d’une harmonisation fiscale, d’un budget européen
soutenant les filières industrielles, d’un pacte de croissance fondé sur la relance de la consommation, du refus du dumping social ou environnemental ». Des propositions précises
sont avancées. Celle de fonder la recapitalisation des banques sur une prise de participation majoritaire des États à leur capital. De l’instauration, dès 2012 en France et en Allemagne,
d’une taxe sur les transactions financières.
Concernant les patrimoines personnels qui représentent 7 688 milliards d’euros, proposition d’une taxe exceptionnelle de 5 % au-dessus d’un million
d’euros dans les 27 pays européens. Pour contrecarrer la spéculation, les députés préconisent de fermer les ventes à découvert « qui permettent de spéculer sur la vente d’un
titre » ainsi que des marchés de gré à gré « qui échappent à toute surveillance ». Enfin, considérant que les agences de notation « ont eu une responsabilité majeure
dans le déroulement de la crise des dettes souveraines », ils se prononcent pour « leur interdire de noter les dettes souveraines ».
Cette résolution est, pour les deux groupes, le premier pas vers une autre politique en Europe.
-
A lire:
Max Staat
URL source: http://www.humanite.fr/tribunes/europe-d%E2%80%99autres-choix-sont-possibles-484949
Publicité
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)