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Éteindre la lumière pour préserver l’environnement !

A l’occasion du « Jour de la Nuit » le 24 octobre prochain, 21 villes éteindront une partie de leur éclairage public et organiserons une série de manifestations . But de l’opération ? Sensibiliser le public à la pollution lumineuse, un nouveau type de nuisance de plus en plus agressif.


Inspiré de la Nuit de l’Obscurité en Wallonie, Le Jour de la Nuit est une première en France. Durant toute une soirée, il aura pour but à travers des manifestations informatives et ludique et l’extinction de bâtiments publics, de « faire redécouvrir les plaisirs de la nuit, gâchés par la pollution lumineuse » comme l’explique Clara Osadtchy, membre d’Agir pour l’environnement, à l’origine du projet.

Cette « pollution lumineuse », les astronomes ont été les premiers à y être confrontés : en créant un halô lumineux , l’hyper-éclairage des villes estompe la voûte céleste et les empêche de voir les étoiles. Plus tard, d’autres effets de ce qu’ils ont baptisé eux-mêmes ainsi se sont manifestés : sur la biodiversité et le réchauffement climatique.


Des animaux désorientés


« La lumière, en modifiant le comportement biologique des êtres vivants, les menace d’extinction » explique Paul Blu, président de l’association nationale de la protection du ciel et de l’environnement nocturnes. « On peut désormais entendre un merle ou un coq chanter à trois heures de matin, à cause de la clarté » ajoute-t-il. Les oiseaux migrateurs qui s’orientent grâce aux étoiles sont particulièrement perturbés. Les insectes aussi sont concernés : attirés par la lumière, ils grillent sur les luminaires ou deviennent des proies pour les prédateurs. Mais les effets de l’hyper-luminosité des villes ne s’arrêtent pas là . En France, les 8,7 millions de points lumineux répartis sur le territoire dégage 4% des gaz à effet de serre. Sans parler du gaspillage énergétique dû à la présence de lampadaires dans des endroits peu fréquentés et de ceux qui renvoient la lumière vers le ciel plutôt que vers le sol. L’ADEME et EDF estiment ainsi que 30 à 40% de l’énergie pourrait être économisée pour les communes si l’éclairage était de meilleure qualité et mieux conçues avec une puissance mieux adaptée.


« Eclairer là où il faut, quand il faut, comme il faut »


Afin de redonner toute sa place à la nuit et de préserver l’environnement, des solutions sont aujourd’hui à l’étude comme les minuteries, les détecteurs de présence ou les ampoules basse consommation telles que les diodes électroluminescentes (LED). La Ville de Lille, qui a été l’une des premières à s’inscrire au Jour de la Nuit fait figure de bonne élève. « Depuis 2004, nous investissons dans un système d’éclairage plus efficace qu’il s’agisse de puissance, de temps d’éclairage ou d’orientation des flux, du haut vers le bas. Par exemple, nous avons supprimé les 1750 éclairages boule et nous avons réduit de 3400 à 3200 le nombre d’heure d’éclairage par an » se félicite le Philippe Tostain, conseiller municipal Vert. Sur 18 ans, la mairie espère réduire de 40% l’énergie consommée ce qui équivaudrait à 600 000 euros par an d’économies. Une facture allégée à la fois pour le contribuable et l’environnement.


« La route est encore longue »


Mais ces actions si louables soient-elles, sont laissées au bon vouloir des municipalités car il n’existe actuellement aucune législation en France en matière de pollution lumineuse, contrairement à l’Italie qui a été un des premiers pays à imposer des réductions du temps d’éclairage. « La route est encore longue » avoue Philippe Tostain. Néanmoins, le ministère a commencé à œuvrer dans ce sens. La loi du 3 août 2009 relative à la mise en place du Grenelle Environnement (Grenelle 1) comporte un alinéa spécifiquement consacré à la lumière artificielle. Dans le cadre du projet de loi du Grenelle 2, qui sera discuté au Parlement la semaine prochaine, « des prescriptions seront prises, comme l’interdiction des lampes boules. En cas de non respect, des sanctions administratives, comme la suspension de l’éclairage jusqu’à la mise en conformité, seront possibles » a déclaré Pascal Valentin, responsable de la Mission Bruit et Agents physiques au ministère de l’Ecologie.

Un moindre mal pour que les astronomes professionnels et amateurs puissent à nouveau observer les étoiles.


Eléonore Tournier


Retrouvez le programme de l’événement « Le Jour de la Nuit » sur http://www.jourdelanuit.fr/


http://www.humanite.fr/Eteindre-la-lumiere-pour-preserver-l-environnement
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Tag(s) : #Environnement
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