Espagne : marée citoyenne contre la crise
Rédaction Web
22 Février, 2013

De notre envoyée spéciale en Espagne. Plus de 200 organisations, plate-forme, syndicats, partis politiques vont manifester, samedi, dans 50
villes, contre la politique d’austérité du gouvernement de droite de Mariano Rajoy, et la corruption.
Ce sera l’autre 23 février. En 1981, ce jour-là, le lieutenant colonel Tejero, pistolet à la main, faisait irruption dans les Cortes, en ordonnant aux
députés de se coucher. Les Espagnols étaient alors descendus dans les rues contre ce coup d’état avorté et pour défendre la balbutiante démocratie. Trente ans plus tard, et alors que le
pays connaît une crise multidimensionnelle, près de 200 organisations appellent à manifester, samedi, dans quelque 50 villes contre un autre coup d’Etat, celui du système
financier. Tous les mouvements, qui bataillent depuis quatorze mois contre les coupes budgétaires, les « recortes », du gouvernement de droite de Mariano Rajoy , seront
de la « marée citoyenne ». Il s’agit de « défendre nos droits, de rejeter les ‘recortes’ et les brutales politiques d’ajustements grâce auxquelles des fonds sont dégagés
pour satisfaire la cupidité des marchés financiers et des politiciens corrompus », font valoir les organisateurs.
A Madrid, cinq cortèges conflueront aux portes des Cortes : la marée verte pour la défense de l’éducation universelle et gratuite,
la marée blanche contre la privatisation du système de santé, la marée violette pour le respect des droits des femmes, la marée bleue
contre la privatisation de la gestion de l’eau de la capitale, la marée noire composée des fonctionnaires, boucs-émissaires des politiques d’austérité. Les cortèges
verront également défiler les mineurs qui ont observé deux mois de grèves contre la fermeture des mines, les pompiers « brûlés », disent-ils, par les attaques contre les droits
sociaux, les citoyens des plate-forme contre les expulsions et les emprunts hypothécaires poubelles, les journalistes de Télémadrid, victimes d’un plan de licenciements ainsi que
les Yaioflautas, les retraités militants qui refusent de voir démanteler l’état de bien être pour lequel ils se sont battus durant les heures noires de la dictature franquiste ainsi que
les collectifs qui ont essaimé depuis le 15 mai 2011, lorsque les « Indignés » se sont emparés des places publiques aux cris de « ce n’est pas une crise, c’est une
arnaque ».
Les marées citoyennes ont également reçu le soutien de formations politiques comme Izquierda Unida (gauche Unie) et la Gauche anti-capitaliste ainsi que des
principales confédérations syndicales, les Commissions Ouvrières, UGT, CGT. Manifestation inédite donc, car pour la première fois, toutes les composantes de la société espagnole
défileront ensemble.
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Lire aussi :
Espagne : la crise, quelle
crise ? [2]
Chronique madrilène : de la crise économique à la crise de régime [3]
Juan de Dios Villanueva, responsable d’Izquierda Unida et du Parti communiste : « Un processus constituant s’impose » [4]
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Cathy Ceïbe
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