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Politique / Social - Économie - Article paru le 10 novembre 2009 dans l'Humanité


Economie Des clés pour comprendre

Épargner solidaire, c’est être utile aux autres !

Le développement exponentiel de l’épargne solidaire traduit la montée de préoccupations plus altruistes en matière de finances. Aujourd’hui, 102 produits financiers de ce type sont disponibles.


Élona, neuf ans, vit aujourd’hui dans un vrai appartement avec ses sœurs et sa mère, dans le quartier du Vieux Port, à Marseille. Cela fait maintenant trois ans que sa famille n’est plus obligée de s’entasser chez un parent. L’association Habitat et Humanisme, qui agit en faveur du droit au logement pour les plus démunis, a pu acheter et réhabiliter le logement d’Énola grâce à l’épargne solidaire.

La seconde édition de la Semaine de la finance solidaire s’achève, demain, sur un bilan prometteur, même si ce type de placement reste encore assez confidentiel. Selon le baromètre 2009 édité par Finansol, association dont la mission est de développer la solidarité dans l’épargne et la finance, seulement 7 % des Français ont déjà investi dans un produit d’épargne solidaire et 60 % disent ne pas connaître le terme. Mais, depuis deux ans, le développement est exponentiel. En 2007, il existait 60 produits d’épargne. Finansol en labellise aujourd’hui 102. Les montants restent encore faibles, en tout près de 1,7 milliard d’euros, « une goutte d’eau dans le financement des entreprises », reconnaît François de Witt, président de Finansol.

La crise et l’étalage au grand jour des excès de la finance sont, en tout cas, venus donner un coup de pouce au concept. Loin des fonds de pension et des produits de spéculation, l’épargne solidaire est dirigée vers des petites entreprises ou des associations dont la vocation n’est pas de dégager des marges de rentabilité. Les projets financés s’occupent le plus souvent d’insertion par l’emploi, d’accès au logement, de microcrédit ou de solidarité internationale. En prenant le parti de placements socialement utiles et transparents (l’épargnant sait dans quel projet est investi son argent), la finance solidaire traduit la montée de préoccupations plus altruistes en matière de finances. En 2008, le montant de l’épargne collectée est resté stable malgré la crise. Le montant des investissements a progressé, lui, de 34 %.

L’année du décollage pourrait bien être 2010. À partir du 1er janvier, toute entreprise mettant en place un plan d’épargne d’entreprise (PEE) sera dans l’obligation de proposer au moins un fonds solidaire (FCPES). Douze millions de salariés sont potentiellement concernés. « Si 1 % d’entre eux choisissent un placement d’épargne solidaire, ça change beaucoup de choses », assure François de Witt, convaincu que « l’offre va créer la demande » et enclencher un cercle vertueux de projets d’entreprises sociales qui se montent, d’un côté, et trouvent des financeurs soucieux d’épargner utile, de l’autre.

Paule Masson

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Tag(s) : #Economie
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