Enfants volés par les franquistes : les victimes interpellent la justice
Rédaction Web
27 Janvier, 2012
Les familles de bébés volés durant la dictature franquiste et les années qui ont suivi ont interpellé vendredi la justice espagnole pour demander que
des enquêtes soient ouvertes sur plus de 1 400 cas déjà signalés.
Trois organisations de victimes ont déposé une pétition signée par près de 90 000 personnes auprès du parquet général de l'Etat espagnol,
lui demandant de ne plus classer ces plaintes et de rouvrir des dossiers déjà refermés. Selon ces organisations, plus de 1.400 cas de vols présumés de bébés ont été signalés à la justice
depuis un an, dont la plupart ont été classés. "Les autorités continuent à permettre le classement sans suite de nos plaintes, dans de nombreux cas sans enquête
approfondie", assure Soledad Luque Delgado, une porte-parole des manifestants réunis vendredi devant le parquet général. "Nous savons que rien ne pourra suffire à dédommager les
parents qui n'ont pas vu leur enfant, les adultes qui n'ont pas pu partager leur vie avec un frère, ou ceux qui ont fondé leur vie sur une fausse identité, sur un mensonge", a-t-elle
ajouté. "Mais nous devons au moins savoir la vérité".
Anadir, l'une des trois organisations à l'origine de la pétition, qui réunit des victimes de ce commerce, estime que 300 000 bébés ont pu être volés
durant la dictature de Francisco Franco, entre 1939 et 1975, et jusque dans les années 80. Sous le franquisme, des enfants étaient volés à leurs mères républicaines, un décret de
1940 permettant de les placer sous la garde du régime si leur "éducation morale" était jugée en danger. Les mères étaient informées que leur bébé était mort à la naissance et les enfants
vendus à des familles ne parvenant pas à avoir d'enfants. Souvent les identités des bébés étaient falsifiées et ils figuraient comme enfants biologiques sur le livret de famille de leurs
nouveaux parents.
Aucune loi n'est venue encadrer les adoptions avant 1987, ce qui a permis à un véritable trafic de s'installer.
-
À lire :
Franquisme, le refus de refermer les blessures
[2]Enfants volés par les franquistes « Je cherche mon frère » [2]
Tribune de l'écrivain, Ignacio Ramonet : Le juge Garzon, persécuté par les héritiers du franquisme [3]
[2]Enfants volés par les franquistes « Je cherche mon frère » [2]
Tribune de l'écrivain, Ignacio Ramonet : Le juge Garzon, persécuté par les héritiers du franquisme [3]
Publicité
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)
