L'Occident est-il en train de lâcher Hosni Moubarak? C'est ce que laissent entendre les dernières déclarations émanant des capitales d'Europe et des Etats-Unis qui ont fait suite aux violentes bagarres entre pro et anti-Moubarak dans le centre du Caire jusqu'à tard cette nuit de mercredi à jeudi. Comme depuis le début du mouvement de contestation commencé il y a neuf jours contre le Raïs, c'est Washington qui a donné le "la". Jugeant la promesse de Moubarak de quitter le pouvoir en septembre prochain au moment des élections présidentielles, Barack Obama a expliqué dès mardi soir: "Ce qui est clair, et je l'ai dit ce soir au président Moubarak, c'est que je crois qu'une transition bien ordonnée doit être significative, elle doit être pacifique et elle doit commencer maintenant."Mais le président américain n'est pas allé jusqu'à appeler le président égyptien à démissionner immédiatement.
La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a emboité le pas, demandant au Raïs, 82 ans dont les 29 dernières années passées au pouvoir, à agir "le plus vite possible" pour réaliser la "transition" politique demandée par les manifestants. Londres et Madrid ont plus explicitement prôné la mise en place rapide d'un "gouvernement de transition". "Il doit y avoir un gouvernement, qui peut être d'union nationale", "qui dirige ce processus jusqu'à la convocation d'élections générales", a expliqué la ministre espagnole des Affaires étrangères Trinidad Jimenez à télévision Antena 3. Même position pour l'Allemagne, qui se demande même "quel rôle veut et peut jouer lui-même" Hosni Moubarak. Le chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt s'est fait plus direct: "L'ère Moubarak dans la politique égyptienne est révolue".
Nicolas Sarkozy [1] est lui apparu plus en retrait, ne reprenant que tardivement, ce midi, le mot d'ordre minimal partagé par tous "qu'un processus de transition concret s'engage sans tarder". Après avoir reconnu avoir pris conscience de la réalité de la révolution tunisienne, le président français est manifestement en train de réitérer la même erreur concernant l'Egypte.
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