Israël, qui se targue d’être la «seule démocratie du Moyen-Orient» (sic), est paradoxalement le plus inquiet devant les événements qui secouent le monde arabe et particulièrement les changements en Égypte. L’ère Moubarak étant – presque – derrière eux, les Égyptiens commencent à soulever les dossiers recouverts d’une poussière propre au régime englouti : absence de transparence et corruption. C’est ainsi qu’ils se sont aperçus que les accords commerciaux passés entre l’Égypte et Israël étaient toujours en faveur de ce dernier. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne l’énergie.
L’Égypte a décidé, samedi dernier, de faire passer en jugement l’ancien ministre de l’Énergie, Sameh Fahmy, et six autres responsables de ce secteur, mis en cause dans une enquête sur l’accord de fourniture de gaz à Israël. Ils seront jugés par une cour criminelle au Caire. Tous sont accusés «d’avoir porté atteinte aux intérêts du pays, d’avoir gaspillé des fonds publics et d’avoir permis à des tierces personnes de faire des profits financiers en vendant et en exportant du gaz égyptien en Israël à un prix inférieur au barème du marché international», a précisé le parquet. Ces pratiques auraient coûté à l’État égyptien plus de 714 millions de dollars. Le parquet a également mis en cause Hussein Salem, l’un des proches associés d’Hosni Moubarak et principal actionnaire de la compagnie du Gaz de Méditerranée orientale (EMGP) qui assure les fournitures à Israël. Un responsable de Merhav, société israélienne partenaire de l’EMG, a affirmé que «de tous les pays qui achètent du gaz naturel à l’Égypte, Israël paie le prix le plus élevé au gouvernement égyptien», ce que semblent démentir les pièces du dossier. Israël importe d’Égypte entre 40 et 45% de son gaz naturel, aux termes d’un contrat signé après les accords de paix de 1979.
Des saboteurs ont fait exploser mercredi, dans le nord du Sinaï, un gazoduc reliant l’Égypte à Israël et à la Jordanie. Le gazoduc, situé près de la ville d’El Arich, avait déjà fait l’objet d’une attaque le 5 février dernier, sur fond de soulèvement populaire qui devait chasser du pouvoir Hosni Moubarak, six jours plus tard. Interrompues pendant les événements, les livraisons de gaz égyptien à Israël avaient repris au mois de mars.
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