Egypte : affrontements meurtriers à Port-Saïd après des condamnations à mort
Rédaction Web
26 Janvier, 2013
Au moins 30 morts ce samedi, c'est le bilan revu à la hausse à la mi-journée de ce samedi lors d'affrontements à Port-Saïd qui ont suivi l'annonce de
la condamnation à mort de vingt et un Egyptiens pour leur implication dans des violences l'an dernier à Port-Saïd après un match de football.
Au moins 30 personnes ont été tuées et 312 blessées: ce décompte a été fourni par le ministère de la Santé après toute une journée de violences à
Port-Saïd qui se sont produites après que des proches des personnes condamnées eurent tenté d'envahir la prison dans laquelle se trouvaient les condamnés à mort.
Tirs contre la police
Selon des témoins, des assaillants inconnus ont ouvert le feu en direction de la police qui a riposté avec du gaz lacrymogène. Des violences ont éclaté dans
des rues proches de la prison, et les commerces ont fermé. L'armée a décidé de se déployer dans cette ville pour "rétablir le calme et la stabilité", a indiqué Ahmed Wasfi, un
général de l'armée cité par l'agence Mena.
Les manifestants de Port-Saïd sont descendus dans les rues pour protester contre le fait que leur ville soit tenue pour responsable de la tragédie du 1er
février. Beaucoup ont laissé libre cours à la violence dans les rues de la ville. Un témoin a déclaré en avoir vu certains saccager un commissariat de police.
Le président Mohamed Morsi doit rencontrer samedi les membres du Conseil de défense national, qui regroupe plusieurs ministres et responsables égyptiens de
la sécurité, afin de faire le point sur les dernières violences
[1].
7 morts vendredi. Sept personnes ont été tuées dans des affrontements entre manifestants hostiles au pouvoir islamiste et forces de l'ordre
en Egypte, alors que le pays marquait le deuxième anniversaire du début du soulèvement qui a renversé Hosni Moubarak. Six personnes sont mortes à Suez et une à Ismaïliya (nord-est)- et
plus de 450 autres blessées au total dans douze gouvernorats, selon le ministère de la Santé, qui n'a pas donné de décompte entre manifestants et policiers.
Ultras anti-Moubarak
Dans la salle d'audience au Caire, le verdict a en revanche été accueilli par les cris de joie et les youyous des membres des familles des victimes.
Celles-ci estiment que justice a été rendue deux ans après la mort
de 74 personnes après un match [2] entre le grand club cairote d'Al-Ahly et une équipe locale, Al-Masry. Ce drame, le plus meurtrier du
football égyptien, s'était déroulé au stade après qu'Al-Masry avait fait subir sa première défaite de la saison (3-1) à Al-Ahly. Mais cette rencontre sportive se déroulait alors que la
révolution égyptienne avait débuté et que les Ultras du club caïrote étaient très impliqués dans les manifestations anti-Moubarak [3].
Des centaines de supporteurs d'Al-Masry avaient envahi le terrain et lancé des pierres et des bouteilles en direction de ceux d'Al-Ahly. Les jours
suivants, des milliers de personnes avaient défilé contre les forces de l'ordre, et des violences entre policiers et manifestants avaient fait 16 morts au Caire et à Suez. Une
enquête parlementaire a mis en cause la négligence de la police, l'accusant d'avoir sous-estimé la possibilité d'affrontements dans le stade alors même que des supporteurs avaient quitté
le stade avant la fin du match parce qu'ils redoutaient des violences.
Insuffisances des services de sécurité
Les personnes inculpées pour les violences avaient récusé toutes les charges de meurtre avec préméditation et de port d'armes prohibé pesant sur elles. Vingt
et une d'entre elles ont donc été condamnées à mort. Le président du tribunal a en outre fixé au 9 mars le verdict pour les 52 autres accusés, dont 9 policiers, jugés depuis avril
pour leur responsabilité présumée dans les violences au stade de Port-Saïd.
Les "Ultras" d'Al-Ahly, des supporteurs fervents et organisés qui revendiquent la majorité des victimes, avaient menacé les autorités de "chaos" si le
verdict n'est pas assez sévère. Ils ont accusé le ministère de l'Intérieur d'avoir orchestré les incidents pour se venger. Le rapport d'une commission d'enquête parlementaire a
renvoyé dos-à-dos les "Ultras" et les insuffisances des services de sécurité, dont le chef a été limogé.
La décision de la justice égyptienne intervient au lendemain d'une vague de violences dans le pays, à l'occasion du deuxième anniversaire de la "révolution
du Nil". Au moins neuf personnes ont été tuées dont huit à Suez lors d'une fusillade, et plus de 456 autres blessés.
-
A lire aussi:
S.G.
Publicité
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)