Article paru le 2 avril 2010 dans l'humanité
Un bac de moins en moins technologique
Après la réforme du lycée professionnel et du lycée général, Luc Chatel s’attaque au lycée technologique. Hier, le ministre de l’Éducation nationale a présenté au Conseil supérieur de l’éducation, instance consultative réunissant enseignants, lycéens, parents et étudiants, les grandes lignes de son projet pour cette voie qui regroupe un quart des lycéens. Comme pour le lycée général, le but affiché par le ministère est de faciliter les réorientations entre séries et de mieux préparer l’arrivée dans le supérieur, avec un tronc commun d’enseignements en classe de première, une deuxième langue vivante obligatoire et deux heures d’accompagnement personnalisé par semaine.
Deux séries, notamment, sont profondément repensées : STL (sciences et technologies de laboratoire) et STI (sciences et technologies industrielles), dont les effectifs auraient baissé de 20 % en moins de dix ans. « Les programmes de STI et STL n’ont pas évolué depuis 1993, alors que les sciences et les technologies se sont considérablement transformées, argumente-t-on au ministère. De plus, les séries STI et STL sont éclatées en 17 spécialités ou options qui enferment les élèves dans des trajectoires souvent irréversibles. » La réforme réduit cette offre de bacs à six spécialités : quatre en STI et deux en STL.
Dès sa parution, le projet de réforme a provoqué les mêmes divisions syndicales que celui du lycée général. Il convient au Sgen-CFDT et au SE-Unsa, tandis que le Snes-FSU y voit « un moyen de supprimer des postes » et un « effacement de la spécificité de la voie technologique ». De fait, compte tenu de la hausse des enseignements généraux et de l’aide personnalisée, les horaires des cours de technologie baisseront d’environ 20 %. Une réalité dénoncée également par le commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, Yazid Sabeg, qui regrette la trop grande place faite aux matières générales. La réforme doit entrer en vigueur progressivement à partir de la rentrée 2010.
Laurent Mouloud
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