La vie n’est pas un long fleuve tranquille au collège Jean-d’Arbaud à Barjols. Pas une journée sans que des élèves
soient livrés à eux-mêmes et ne puissent se restaurer convenablement dans un réfectoire devenu trop petit.
Privés de cours en raison d’absences de professeurs malades non remplacés, pas de surveillants pour organiser des permanences, les adolescents sont à maintes reprises retrouvés dans les rues du
village. « Et il n’est pas rare qu’ils s’adonnent à des actes de vandalisme.Ainsi, l’église a subi des détériorations comme une maison individuelle isolée ». Daniel Nironi, le maire, est en
colère et le fait savoir au rectorat par l’intermédiaire d’un courrier
800 élèves à la rentrée prochaine
Le premier magistrat n’est pas le seul à se révolter. Parents d’élèves et professeurs sont, eux aussi, excédés « du peu d’intérêt que l’Éducation nationale porte à cet établissement.
Est-ce que notre situation en zone rurale nous porte tort ? » se demandent tuteurs et enseignants inquiets de ne pas obtenir de réponse aux courriers adressés au recteur d’académie.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes, l’établissement est en sureffectif. Prévu pour accueillir 600 élèves et 60 Segpa, il affiche aujourd’hui près de 750 inscrits. Ils seront 800 à la rentrée
prochaine.
« Nous sommes revenus au pic que nous connaissions avant la construction du collège de Vinon », assure Géraldine Rocquin, représentante des parents d’élèves. « Pour faire face au manque de
classes, deux éléments modulaires ont été installés dans la cour. C’était très bien... sauf que cela constitue un écran pour les enfants qui désirent s’échapper. Ils sont parvenus à faire un
trou dans le grillage et peuvent vaquer à leur aise toute la journée dans les rues, d’où les problèmes de vandalisme ».
Christiane Barbey est bien placée pour évoquer le problème. Professeur de mathématiques, elle est aussi élue à la mairie.
Des enfants à bout de nerfs
« Les enfants sont à bout de nerfs. Il est de plus en plus difficile de les tenir. C’est notamment le cas avec une classe de 6e qui n’a pas eu cours d’éducation physique depuis le début
de l’année. Les quatre heures hebdomadaires manquantes leur permettraient d’évacuer le trop plein d’énergie. Ce n’est pas le cas ». Cela a des répercussions sur des enfants peu agités
habituellement. « Ils sont très influençables à cet âge-là. Voir leurs aînés faire des bêtises, les incite à en faire de même », regrette Jean-Pierre Marion.
Des enseignants absents non remplacés sont légion. C’est notamment le cas de deux professeurs de français en congés maternité. « La réponse du rectorat a été simple à la demande de
remplacement. Nous n’avons pas les effectifs, débrouillez-vous comme vous le pouvez. Nous sommes alors entrés dans l’auto-remplacement impulsé par Gilles de Robien à l’époque et nous avons la
preuve que cela ne fonctionne pas », s’insurge Nathalie Vivé, professeur de français (voir encadré).
Incontestablement professeurs et parents ont vécu la pire année scolaire. Leur souhait est simple : « que des décisions soient prises pour que la prochaine rentrée soit plus clémente et surtout
que l’Education nationale mette les enseignants nécessaires à la bonne éducation de nos enfants ».
Education : Rien ne va plus au collège de Barjols
Rien ne va plus au collège à Barjols
Par A. REVELLO (arevello@varmatin.com)
Créé le 04/06/2010 11:39
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