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Education : il y a
de la colère dans les lycées professionnels
Article paru dans la Marseillaise du vendredi 5 mars 2010
Lycées professionnels. A la veille de la grève nationale du 12 mars, enseignants et élèves continuent de manifester. Ils réclament le rétablissement d’heures
d’enseignement.
Les lycées professionnels
(LP) la Viste, l’Estaque, Ampère, Diderot, la Calade, Léonard de Vinci à Marseille, Blériot à Marignane… étaient parmi les établissements les plus représentés hier matin
devant le LP Le Chatelier dans le 3e arrondissement de Marseille. Point de départ d’une manifestation qui conduira enseignants et lycéens en direction de l’inspection
académique, pour réclamer le retrait des nouvelles mesures de carte scolaire avec des dotations horaires partout en baisse.
« Cette année, nous avons la volonté de dire que nous ne laisserons pas les établissements se débrouiller seuls », avance Nadine Castellani-Labranche,
secrétaire académique du syndicat CGT Educ’Action. Si les établissements avaient pour habitude de négocier « des bouts de gras », cette année dans un contexte de
réduction drastique des postes, la CGT souhaite que les « combats se fédèrent ».
« Il s’agit de donner un signe fort aux autres académies », lance Nadine Castellani. Pas encore rentrés de vacances d’hiver, les enseignants
des autres zones feront bientôt leur retour sur la scène sociale. Le 12 mars prochain a déjà été décrété journée de grève dans l’Education, par une majorité
d’organisations syndicales.
Hier, sur le pavé marseillais, enseignants et lycéens ont réclamé d’une même voix des moyens pour l’Education. En tête de cortège, Montasara, 16 ans,
élève de terminale IP au LP Le Chatelier, ne veut plus de l’échec tel qu’il l’a connu au collège. « Ici, les profs peuvent nous consacrer du temps. » Montasara, élève
qui se situait en dessous de la moyenne au collège, annonce non sans fierté qu’il plafonne à 12 de moyenne cette année.
Si l’élève a renoué avec l’école, les enseignants craignent ruptures et échecs avec des conditions de travail dégradées. Dans des
établissements sous perfusion, dont les moyens baissent d’une année sur l’autre. « La possibilité de travailler avec des effectifs allégés deviendra totalement marginale
», accuse Emmanuel Arbois, professeur d’histoire-géo au LP la Calade. Ce dernier estime que dans les établissements dit sensibles « le choc sera violent ».
Les enseignants ne veulent pas faire le deuil d’un enseignement professionnel qui peut être une voie de réussite pour nombre d’élèves. « En alignant
ces lycées sur les autres, cela voudra dire que l’on renonce à ces publics », poursuit l’enseignant qui craint que le pire soit à venir.
CATHERINE WALGENWITZ
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