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Pour info copie d'un article publié dans la Provence du 19 novembre 2012 sur la situation d'une partie de l'hôpital public dans le Var.

 

http://www.laprovence.com/article/sante

 Dix hôpitaux de la région en réanimation

Publié le lundi 19 novembre 2012 à 17H13

Victime de la crise du crédit bancaire, plusieurs centre hospitaliers de la région ne parviennent plus à honorer leurs factures.
En grandes difficultés financières, les centres hospitaliers de Briançon, Digne, Manosque, Avignon, La Ciotat, Arles, Aubagne, Apt, Brignoles, Martigues attendent une aide d'urgence de l'État pour assurer leurs dépenses courantes.
Photo D.R.
Las d'accumuler les factures impayées, le laboratoire allemand Merck a décidé de ne plus livrer aux hôpitaux son médicament contre le cancer Erbitux. Pour se procurer ce traitement, les patients doivent le payer cash, en pharmacie.
Qu'on se rassure, cette situation extrême ne touche que la Grèce... enfin pour le moment. Car en France aussi, de nombreux hôpitaux sont financièrement exsangues, au point de ne plus pouvoir payer leurs fournisseurs, leur matériel, leur électricité, leurs taxes. Et bientôt les primes et salaires de leurs personnels ? C'est ce que redoute le syndicat FO-Santé, qui alerte sur la situation "dramatique" de certains établissements de la région.
L'Agence régionale de santé reconnaît qu' "une dizaine de centres hospitaliers sont en grandes difficultés financières". Briançon bien sûr dont la dette est abyssale (40 M€ pour un budget de 46 M€) mais aussi Digne, Manosque, Avignon, La Ciotat, Arles, Aubagne, Apt, Brignoles, Martigues. Face à des banques qui ne veulent plus prêter, ces établissements au bord de la cessation de paiement attendent de l'État un geste d'urgence pour les sauver.

Aubagne, Briançon, Digne à sauver en urgence
800 000 euros : c'est le montant de la facture des repas de malades que l'hôpital d'Aubagne n'a pas toujours payé à son fournisseur. L'ardoise représente une année entière de prestations. Si le créancier se montre si patient, c'est qu'il s'agit d'un autre établissement de santé, l'Assistance publique des hôpitaux de Marseille , dont la direction n'ignore rien des difficultés rencontrées par son voisin.
Mais de nombreux autres fournisseurs trépignent : "laboratoires, artisans, fournitures de papeterie, location de scanner : nous sommes débiteurs de 12 M€, ce qui représente une année de dépenses de fonctionnement", indique le directeur Alain Teissier. L'hôpital d'Aubagne met en moyenne 10 mois à payer ses fournisseurs, alors la réglementation interdit de dépasser 50 jours. Autant d'entreprises contaminées par cette crise de trésorerie. À l'arrivée, toute une économie impactée.
Pour être en mesure de payer son personnel, l'hôpital a retardé le versement de ses charges sociales et fiscales. Et depuis un an, "à part l'entretien des ascenseurs, tous les investissements sont gelés". Assigné devant le tribunal pour non-paiement de remboursement bancaire, l'établissement a été sauvé in extremis par une aide de 3,5 M€ de l'Agence régionale de santé. "Une perfusion pour nous maintenir en vie, au goutte à goutte"...
À Digne, c'est une dotation d'urgence de 2 M€ que l'hôpital attend. Il en va du versement des salaires. "Mais il est possible que les primes soient reportées", admet Serge Gloagen, maire de Digne et président du conseil de surveillance de l'hôpital. Dans la région Paca, 13 centres hospitaliers au moins sont dans ce triste état. Parmi eux, Briançon, Manosque, Avignon, La Ciotat, Arles, Apt, Brignoles, Saint-Tropez.
"Les directions raclent les fonds de tiroir. Le personnel se demande tous les jours s'il sera payé le mois prochain", alerte Pierre Tribouillard, secrétaire fédéral FO-Santé, qui dénonce une situation "intenable" : "Cela devient un moyen de chantage pour faire accepter des réductions de moyens, des fermetures de services", poursuit le syndicaliste, qui dénonce "le manque de transparence totale de l'ARS".
Les banques ne prêtent plus
À l'origine de ce "krach" hospitalier, la fermeture du robinet de financement que représentait la banque publique Dexia, prêteur historique des hôpitaux démantelé fin 2011 pour cause d'empoisonnement aux emprunts toxiques. Depuis, les banques commerciales ne se bousculent pas pour prendre le relais ; d'autant qu'en août dernier, l'agence de notation Moody's a dégradé la note des CHU français (passés de AAA à A1). Déja étranglés par leur dette et par les contraintes budgétaires, les hôpitaux sont en mal d'argent frais. Non seulement pour financer leurs investissements à moyens et longs terme, mais même pour boucler leur fonctionnement courant.
D'après la Fédération hospitalière de France, il manquerait 3,1 milliards d'euros de liquidités dans les caisses des hôpitaux français ! "De nombreux établissements, en déficit structurels depuis des années, avaient recours à l'emprunt pour boucler leur trésorerie", explique Thierry Acquier, délégué régional de la FHF.
Pour trouver des financements, les 3 Assistances publiques (Paris, Lyon et Marseille) viennent d'être autorisées à émettre des bons de trésorerie. Mais si les CHU et les gros établissements parviennent encore à gagner la confiance de certains banquiers, les petits et moyens hôpitaux restent sur la paille. Au risque de s'engouffrer dans la spirale du déclin : moins d'investissements, moins de recettes, plus de dette...
Seul espoir d'en sortir : la reprise annoncée par la Banque postale d'une partie des activités de Dexia auprès des hôpitaux, annoncée pour 2013. Par ailleurs, la FHF propose la création d'un "livret H", géré par la caisse des dépôts sur le modèle du livret A. Mais en attendant, les hôpitaux vont devoir encore se serrer la ceinture : la loi de financement de la sécurité sociale a prévu pour eux 657 M€ d'économie en 2013 ...
Sophie Manelli
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Tag(s) : #Santé
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