Diplomatie : Nicolas Sarkozy dresse un sombre bilan... de son bilan
Rédaction Web
20 Janvier, 2012
Echec en Afghanistan, pas-de-deux au sujet de l'Iran, vélléités face à la répression en Syrie et pessimisme sur le futur de la zone euro. C'est un
drôle de bilan de son action que Nicolas Sarkozy a dessiné en creux lors de la présentation de ses voeux au corps diplomatiques ce vendredi. A croire que son quinquennat s'achève là-aussi
en jus de boudin.
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Vers un retrait précipité d'Afghanistan
Impossible de dresser un bilan positif de la présence de l'armée française alors que quatre soldats français viennent d'être tués par un militaire afghan,
portant à 82 le nombre de soldats français morts dans ce pays. D'entrée, Nicolas Sarkozy a pris un ton grave pour annoncer la suspension, en conséquence, de toutes les opérations de
formation et d'aide au combat menées par les troupes tricolores et, pour la première fois, poser la question de leur retrait avant l'échéance annoncée de 2014. "L'armée française est au
côté de ses alliés, mais nous ne pouvons pas accepter qu'un seul de nos soldats soit tué ou blessé par nos alliés", a-t-il assuré comme s'il découvrait que la guerre peut
tuer, "si les conditions de sécurité ne sont pas clairement établies, alors se posera la question d'un retour anticipé de l'armée française".
A trois mois de la présidentielle, ces pertes ont relancé le débat de la présence militaire française. Nicolas Sarkozy avait jusque-là calqué le calendrier
de retrait français sur celui des Américains. Son futur rival François Hollande a répété vendredi que, s'il était élu, le dernier des 3.600 soldats encore présents quitterait
l'Afghanistan à la fin 2012.
--> A lire:
Quatre soldats tués par un Afghan en uniforme de l'ANA [1]
Afghanistan: Sarkozy retire sestroupes d'uneguerre toujours plus impopulaire [2]
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Souffler le chaud et le froid à propos de l'Iran
C'est un curieux raisonnement que tient Nicolas Sarkozy au sujet de l'Iran. D'un côté, une intervention militaire israélienne contre le programme de nucléaire militaire du pays des Mollahs est redoutée par Paris. Une telle opération "ne réglerait pas le problème mais déchaînerait la guerre et le chaos au Moyen-Orient et peut-être, hélas, dans le monde", juge le chef de l'Etat.
Mais de l'autre, ce dernier pousse au crime en plaidant pour "un régime de sanctions beaucoup plus fort, beaucoup plus décisif", avec arrêt des importations de pétrole iranien et gel des avoirs de la banque centrale iranienne, tout en exhortant la Chine et la Russie à le suivre dans cette voie à l'ONU. Or ces sanctions forment justement un casus belli pour l'Iran.
--> A lire:
Sarkozy menace de frapper l'Iran [3]
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Syrie, simple condamnation
S'il a une nouvelle fois exprimé le soutien de la France aux démocraties issues des "printemps arabes", le président a surtout dénoncé la "répression féroce" exercée par le régime de Bachar el-Assad contre les manifestants qui réclament son départ, jugeant qu'elle "conduit tout droit" la Syrie au "chaos" qui "profitera aux extrémistes de tout bord". Mais pas d'action envisagée à ce sujet.
--> A lire:
De Tripoli à Téhéran via Damas, la longue guerre de Sarkozy [4]
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Attentisme face au conflit israélo-palestinien
Nicolas Sarkozy s'est aussi abstenu d'annoncer toute nouvelle initiative, de sa part ou de l'Europe, pour mettre un terme à la "paralysie inacceptable" du processus de paix entre Israël et les Palestiniens. Il a même souligné "l'échec" du Quartet (UE, Etats-Unis, Russie et ONU).
--> A lire:
Shalit retrouvé, pas un mot de Sarkozy pour Hamouri [5]
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"Zone euro en danger"
Il est surprenant d'entendre celui qui s'est gargarisé, à de nombreuses reprises, d'avoir sauvé la zone euro, d'expliquer à ce sujet: "La zone euro est en danger". Une semaine après la dégradation de la note financière de la France par l'agence de notation Standard and Poor's, le président n'a guère été plus optimiste sur la situation de l'Europe face à la crise des dettes souveraines. Comme s'il se rendait enfin compte que son alignement sur la politique d'austérité d'Angela Merkel menait dans le mur.
--> A lire: Le pas de deux Merkel-Sarkozy [6]
Il a fallu attendre la fin de son exposé pour entendre Nicolas Sarkozy évoquer quelques "motifs d'espoir", comme le développement de l'Afrique ou de l'Amérique du Sud. Dans ce climat, le futur candidat s'est tout de même autorisé une pique contre François Hollande, jugeant que sa proposition de céder le droit de veto onusien de la France à l'Europe n'avait "aucun sens".
URL source: http://www.humanite.fr/monde/diplomatie-nicolas-sarkozy-dresse-un-sombre-bilan-de-son-bilan-488276
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