Les limites autorisées n’ont été dépassées que dans 0,9% des échantillons biologiques ce qui confirme leur sécurité pour le consommateur. DAVID MAUGENDRE
Pesticides. Un rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments montre des améliorations mais encore des dépassements des
limites légales sauf pour les produits bio.
Plus de 70 000 échantillons provenant de près de 200 types d’aliments différents ont été analysés en 2008
par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui vient de publier son rapport annuel. Elle s’est intéressée pour cette étude aux limites maximales de
résidus (LMR) de pesticides autorisés dans les produits alimentaires de l’Union européenne. Ses méthodes permettent de détecter jusqu’à 862 pesticides
différents.
Première constatation, des traces de 365 pesticides différents ont été constatées sur plus de 11 000
échantillons différents consommés par les Européens (céréales, fruits et légumes). 37,9% des aliments qu’on trouve dans les 27 pays de l’Union européenne, comportent des
résidus de pesticides ce qui signifie également qu’aucun résidu mesurable n’a été détecté dans 62,1% des produits testés contre 52,7% à 58% entre 2005 et
2007.
Globalement, 3,5% de l’ensemble des échantillons analysés dépassent les limites maximales de résidus
légales. En 2007, le chiffre était de 4,2%. Mais les chiffres diffèrent selon la provenance des produits : 2,4% pour l’Union européenne, 7,6% pour les aliments importés
de pays hors UE.
Les produits européens moins concernés
Pommes de terre, épinards, concombres, poires et oranges sont les produits les plus en dépassement sur
certains pesticides. Pour 11 des combinaisons pesticides/produits pour lesquelles une situation critique en matière de sécurité ne pouvait être exclue, les actions de
gestion des risques ont déjà été prises par le retrait des autorisations ou en abaissant les LMR.
Et la France n’est pas épargnée avec un taux de 3,9% de dépassement supérieur à la moyenne européenne. Ce
qui semble cependant être une amélioration puisque le précédent rapport de l’EFSA désignait notre pays comme un de ceux où l'on utilisait le plus de
pesticides.
Parmi 2 062 échantillons d’aliments pour bébés, 76 contenaient des traces de pesticides mais la limite
légale n’était dépassée que dans 4 d’entre eux. La législation européenne dans ce domaine est très restrictive et n’autorise pas plus de 0,01 mg/kg pour chaque résidu de
pesticide individuel.
Par contre, les limites autorisées n’ont été dépassées que dans 0,9% des échantillons biologiques ce qui
confirme leur sécurité pour le consommateur.
L’EFSA veut se montrer rassurante
Malgré ces chiffres, l'EFSA précise que « la présence de pesticides dans les aliments, voire dans de
nombreux cas le dépassement d'une LMR, ne doit pas nécessairement susciter d'inquiétude quant à la sécurité de l'aliment. » Pour évaluer le risque pour les
consommateurs, elle a estimé l’exposition chronique (à long terme) aux pesticides présents dans des aliments majeurs constituant le régime alimentaire des Européens et
l’exposition aiguë (à court terme) pour neuf types de cultures qui ont fait l’objet d’une surveillance en 2008. Dans les deux cas, l’EFSA a adopté une approche de
précaution, en utilisant des hypothèses prudentes pour estimer l’exposition aux pesticides.
Concernant l’évaluation de l’exposition à long terme, elle a conclu qu’«aucun des pesticides évalués ne
suscitait d’inquiétude pour la santé». Pour l’évaluation de l’exposition aiguë, concernant des personnes qui consommeraient de grandes portions d’aliments contenant les
niveaux de pesticides les plus élevés, un risque potentiel pourrait se présenter mais seulement dans de rares cas.
Il n’en reste pas moins que les pesticides inquiètent consommateurs et experts. Plusieurs études ont
conclu à des effets probables de ces substances chimiques sur notre santé. D'ailleurs, la réduction de leur usage par les agriculteurs faisait partie des engagements du
Grenelle 2, qui sont hélas passés à la trappe lors de son vote en mai dernier.
Agnès Massei
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