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De la défaite aux affres de la collaboration

Dictionnaire de la France sous l’Occupation, d’Éric Alary et Bénédicte Vergez-Chaignon, Éditions Larousse, 2011. 
448 pages, 26 euros.

Après le Dictionnaire de la 
Résistance et celui de la France libre, en voici un troisième qui sera fort utile, même si on peut regretter le choix ou l’absence de telle ou telle entrée, et l’inconvénient d’un ouvrage « à deux mains » qui ne permet pas de savourer la qualité d’une même écriture.

Ce dictionnaire offre bien des précisions et des rappels nécessaires : la responsabilité de l’état-major dans la défaite alliée de 1940, défaite qui n’était pas fatale puisque les généraux allemands eux-mêmes ne croyaient pas en la victoire de leur attaque à l’Ouest ; la culpabilité fondamentale de Pétain qui s’est engagé personnellement, dès son arrivée au pouvoir, dans la traque des juifs, des francs-maçons et des communistes, et dans la collaboration avec l’Allemagne nazie ; l’extrême diversité de la Résistance dont quelques acteurs de premier plan (Henri Frenay ou Paul Paillole, entre autres) ont un temps œuvré à Vichy au sein de l’armée ou des services de renseignements, ou bien ont été proches de la droite corporatiste avant de donner leur vie dans le combat contre le nazisme, comme Maurice Ripoche, décapité par les Allemands en mai 1944.

Autres informations qui ne sont pas à négliger : les députés communistes – qui, le 3 octobre 1938, ont été, au Parlement, les seuls, avec le socialiste Georges Bouley et le républicain Henri de Kérillis, à condamner les accords de Munich, et qui, le 2 septembre 1939, le jour de la déclaration de guerre, ont voté les crédits militaires – n’ont pas été unanimes dans l’approbation du pacte germano-soviétique. Par ailleurs, durant l’hiver 1940-1941, avant donc la création officielle du Front national de l’indépendance de la France, à l’initiative du PCF clandestin (mai 1941) et avant l’attaque de l’URSS par les divisions d’Hitler (juin 1941), des ouvriers, des cheminots, des intellectuels communistes, dans la région parisienne, dans le Nord et le Pas-de-Calais en particulier, se sont engagés, individuellement ou par petits groupes, dans des actions de propagande et de sabotage contre l’occupant.

Enfin, il apparaît clairement, compte tenu de la personnalité du général Giraud, que l’accession de Charles de Gaulle à la tête du CFLN, en octobre 1943, avec l’appui du CNR mis en place par Jean Moulin, a été salutaire à la souveraineté de la France lors de la Libération : sans cette unité de la Résistance française autour d’un tel chef, la France libérée aurait pu connaître, comme l’Italie, l’administration par une puissance alliée, ou pire, comme la Grèce et la Yougoslavie, l’épreuve de la guerre civile.

François Berriot

URL source: http://www.humanite.fr/tribunes/de-la-defaite-aux-affres-de-la-collaboration-479051

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Tag(s) : #Histoire
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