Corse : les raisons de la violence, par Ange Rovere
Rédaction Web
20 Novembre, 2012
Ange Rovere était l'invité de la semaine dans l'Humanité fin octobre. Nous vous proposons de retrouver les analyses du Premier adjoint (PCF) au maire
de Bastia sur la situation de la Corse, qui restent d'autant plus pertinentes ce mardi qu'un entrepreneur en BTP a été tué au sud de Bastia, portant à 18 le nombre d'assassinat sur l'Île
de beauté depuis le début de l'année.
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"Les clichés sur la Corse servent de cache-sexe à une véritable cécité intellectuelle" (22 octobre)
Quinze morts par balles depuis le début de l’année ; une dizaine de tentatives d’assassinat ; et la liste macabre n’est, hélas, pas encore close d’ici au 31
décembre. Mais l’île n’atteindra vraisemblablement pas le triste record du milieu des années 1990, avec sa quarantaine de meurtres par an lorsque les mouvements nationalistes réglaient
leurs différends à coups de 11.43, ni celui de 2006
avec ses 43 crimes.
Rapporté au chiffre de la population le taux d’homicides dépasse de loin celui de la Sicile, alors que rien ne permet d’assimiler la Corse à ce morceau de
Mezzogiorno italien, ni l’histoire, ni les structures sociales qui, ici, ont secrété la mafia dans les interstices laissés par l’État au point qu’il y a eu osmose entre les deux, celui-ci
laissant à celle-là le droit de faire le droit. Alors ? Quelle explication donner à ce déchaînement de violence qui ne semble plus connaître de limites, y compris dans ses dérives les
plus ignobles ? Lire la suite...
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La recomposition du grand banditisme explique une partie des meurtres d’aujourd’hui (23 octobre)
Pour comprendre ce qui se passe en Corse [3]aujourd’hui, il convient de revenir sur les années soixante-dix. L’île entre derechef dans l’économie monétaire, adossée à une promotion touristique qui affiche
des projets pharaoniques sur tout le littoral. Celui-ci devient un enjeu, tout comme les dizaines de millions qui commencent à circuler. Le grand banditisme naît sur ce terreau et, déjà,
on voit se dessiner « une géographie du crime » dans les zones les plus impactées par les nouvelles logiques de « contre-développement » : la région de Propriano, la Balagne, l’extrême
Sud. Lire la suite...
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L’État porte une lourde responsabilité dans « la question corse » (24 octobre)
Au milieu des années soixante-dix, on assiste à l’émergence d’un courant nationaliste
et indépendantiste. Des mouvances complexes. Très vite, une passerelle
est jetée avec le grand banditisme car où passe la frontière
entre le « pizzo » à contenu mafieux
et l’extorsion de fonds dite « politique » ? Au début des années quatre-vingt-dix,
la
confusion s’accélère : le Front a éclaté et les chefs des différentes branches contrôlent des territoires et s’adonnent à des trafics
en tout genre. Cela se termine par
une guerre des
gangs avec 63 homicides
ou tentatives d’homicides en 1993 et 1994. Lire la suite... [6]
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L’État a fortement contribué à accréditer l’idée que les nationalistes étaient la voix du « peuple corse » (25 octobre)
La « spécificité » corse a bon
dos lorsqu’on connaît les enjeux profonds poursuivis
par les protagonistes. Reste que l’action gouvernementale, en utilisant
les nationalistes comme supplétifs, a fortement contribué à accréditer l’idée que ceux-ci étaient la voix du « peuple corse ». Lire la suite... [7]
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Un réel développement, levier d’une avancée citoyenne, est indispensable (26 octobre)
Aujourd’hui encore la conscience civique a du mal à frayer son chemin en Corse d’autant qu’avec la crise ressurgissent les vieux démons : réforme
institutionnelle, citoyenneté Corse, statut de résident, co-officialité, qui ne créeront ni emplois, ni logements sociaux, ni pouvoir d’achat supplémentaire, mais feront exploser le
statut de la fonction publique dans une île où les transferts de l’État représentent 54 % des revenus,
où les prix sont plus élevés qu’ailleurs, où la misère progresse, mais où
les
clubs de tir prospèrent : 11,2 licenciés pour 1 000 habitants contre 2,4
en moyenne nationale. Lire la suite... [9]
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Tous nos articles sur la Corse [3]
S.G.
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