« Sauver nos salaires »
Article paru dans La Marseillaise du vendredi 8 octobre
2010
Saint-Joseph. La remise en question unilatérale de la convention collective suscite une mobilisation record dans cet établissement hospitalier privé à but
non lucratif.
Grande ambiance revendicative hier matin à l’hôpital Saint-Joseph. La statue emblématique est emmaillotée et les mégaphones marchent
à fond. Après un rassemblement de 500 salariés, devant le parvis du plus important des établissements privés à but non lucratif, c’est le rush via le bd de Louvain jusqu’au rond point du Prado,
afin de défendre en intersyndicale – FO, CGT, CFE, CGC et CNI – la convention collective de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne (Fehap).
« C’est exceptionnel dans notre hôpital, le préfet a dû réquisitionner 300 personnes, la grève est suivie à 80%
», déclare Josiane Ferrari de FO. Réunis en conclave, les administrateurs de la Fehap ont arbitrairement rogné sur les acquis et les syndicats ont claqué la porte. « Nous ne pouvons accepter de
telles mesures, cela revient à une baisse de revenus pure et simple », précise Edit Beidl, déléguée CGT et porte-parole. Tout semble bouclé d’autant qu’Antoine Dubout préside la Fondation hôpital
Saint-Joseph et la fédération Fehap. D’après les informations qui circulent, les personnels des établissements marseillais affiliés à la même « convention » comme Ambroise Paré ou Paul Desbief
ont obtenu le statu quo.
La Fehap entend visiblement faire peau neuve sur le dos de ses salariés dans un contexte social particulièrement
dur. Tous les avenants concourent à une baisse des revenus et la liste est longue. « Ils veulent instaurer un salaire au mérite. La diminution du pourcentage d’ancienneté qui passe de 30% sur 30
ans à 23,3% sur 40 ans pour les non cadres et de 50% sur 30 ans à 38,33% sur 40 ans pour les cadres. Ils ont pensé aussi à ne tenir plus compte de l’ancienneté dans le cadre de l’amélioration de
la qualification : par exemple si une aide soignante passe le concours d’infirmière », poursuit-elle. Ce qui soulève l’indignation et renforce les rangs des manifestants, c’est l’attaque en règle
des acquis. « Jusqu’à présent nous avions l’assurance de 11 jours fériés par an. Avec ce projet c’est fini, il ne nous reste plus que le 1er mai. Idem pour l’allocation de départ à la retraite,
ils rognent aussi là dessus. Actuellement elle est de 6 mois d’indemnité pour 25 ans de carrière et ils veulent la ramener à 2 mois après 30 ans de carrière. Sans oublier la suppression du taux
de 100% pour les heures supplémentaires effectuées la nuit », conclut Josiane Ferrari.
ANTONIO MOREIRA
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