Le Val : Souvenirs des premières heures de la Libération
Le mercredi 18/08, à 18h30, les Valois se souviendront du 18 août 1944. Le jour où les alliés ont libéré le village de l'emprise allemande. Un événement sur lequel nous revenons grâce à Michel Pignol, adjoint au maire en charge de la cérémonie, et qui a retrouvé trace de ces heures chargées d'espoir.
L'enjeu des mines de bauxite
Deux jours plus tôt, le débarquement a eu lieu sur le littoral varois, principalement à Cavalaire. Le 17, les alliés se sont enfoncés dans les terres. Brignoles et les mines de bauxite représentent un enjeu stratégique majeur. Pour les défendre, 3 000 soldats allemands et plusieurs dizaines de canons lourds ont été positionnés. Bloqués par cette résistance, les Américains envoient un régiment d'infanterie réaliser un débordement par la route du Thoronet.
Mais, dans la matinée du 18 août, au niveau des mines avant le lac Sainte-Suzanne (lac de Carcès), le détachement est bloqué par une forte résistance ennemie. La 1re division blindée française envoie le Command combat n° 1 du général Sudre par la route de Cabasse pour prêter main-forte aux Américains.
Paul Authosserre, la victime de trop
Dans le même temps, des Allemands en retraite, se sont égarés dans Le Val. Ils demandent leur route à Paul Authosserre qui leur fait faire demi-tour. Accidenté du travail au bras droit, Paul Authosserre a pris l'habitude de mettre sa main dans l'ouverture de sa veste. Le camion nazi s'éloigne, le Valois reprend sa posture coutumière, mais un soldat a cru certainement voir là un geste hostile. Il abat Paul Authosserre d'une rafale de pistolet-mitrailleur. Ces faits sont rapportés et déformés au Général Sudre. Le militaire pense alors que les nazis sont en train de massacrer les Valois. Il décide d'envoyer au plus vite un détachement par la route de Vins. En dépit des renseignements indiquant que le pont sur le Caramy, au sud du lac, est miné, le lieutenant Laporte et ses cinq chars Sherman foncent vers Le Val où ils arrivent en milieu d'après midi.
Les chars dans le village
Le Jeanne-d'Arc est le premier char à franchir la Ribeirotte. Il remonte la rue du 8-Mai, suivi du Joffre, du Jean-Bart, du Jourdan et du Joubert.
Les routes menant à Barjols, Bras et Brignoles sont sécurisées. Le général Touzet de Vizier s'installe dans le château Veillan. La division reprend sa progression vers Bras, puis Saint-Maximin dès le lendemain matin.
Quatre jours plus tard, le 23 août, le Jeanne-d'Arc, encore une fois en tête, monte libérer Notre-Dame-de-La-Garde, à Marseille, mais est touché de plein fouet par les tirs des Allemands. Le char prend feu et explose, trois jeunes périssent dans les flammes. Le plus vieux n'a pas trente ans.
Ce 18 août, à 18 h 30, au Val, lors des cérémonies commémoratives, la sonnerie aux morts aura une signification particulière. Les Valois se souviendront de l'équipage du Jeanne-d'Arc. Le maréchal des logis Kerck, les cuirassiers Clément et Guillot, ont apporté la liberté mais n'en ont pas profité. Aujourd'hui, à Marseille, le char se trouve toujours au pied de la Bonne-Mère.
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